En 2016, l’excédent des produits agricoles bruts s’effondre à 0,3 milliard d’euros (Md€) alors qu’il était de 2,3 milliards en 2015. « Cette forte baisse s’explique pour l’essentiel (88 %) par la forte contraction de l’excédent commercial céréalier » explique une synthèse Agreste du ministère de l’Agriculture publiée le 10 mai 2017. Les exportations reculent de 1,5 milliard vers les pays tiers et de 0,8 milliard vers l’Union européenne (UE).

Une année noire pour l’exportation de céréales

Les exportations de céréales ont connu une année en deux temps. Durant les six premiers mois, les envois étaient supérieurs à 2015 mais avec des prix en repli. La deuxième moitié de l’année a été impactée par la mauvaise moisson 2016 et les volumes exportés ont chuté. En blé tendre, la baisse des exportations se chiffre à 7 % sur un an, avec un prix en retrait de 14 %. Les principales pertes de tonnages sont dues aux envois vers l’Égypte, l’Algérie et les Pays-Bas. Pour l’orge, la baisse s’établit à 22 % en volume. La Belgique, les Pays-Bas et la Chine sont les pays qui ont le plus réduit leurs importations françaises. Même constat pour le maïs, qui a été, en plus, moins utilisé en alimentation animale. Les volumes exportés de cette céréale ont reculé de 22 %.

Le déficit commercial des oléagineux se réduit légèrement en 2016 pour atteindre 2,4 milliards. Si les importations de fèves de soja et de graines de tournesol sont en hausse, celles de tourteaux diminuent. « Les fabricants français d’aliments pour le bétail ont eu tendance à incorporer plus de blé tendre du fait d’un blé aux qualités plus difficilement valorisables à l’exportation mais au taux de protéines élevé », justifie Agreste.

En sucre, les quantités exportées ont diminué de 8 %. Malgré une hausse des prix de 4 %, la filière enregistre une baisse des exportations de 52 millions d’euros (M€) en valeur. Dans le même temps, les volumes importés ont bondi de 17 %.

Près de 6 milliards d’euros de déficit pour les fruits et légumes

Le déficit commercial des fruits et légumes s’approche des 6 milliards en 2016. « Alors que le déséquilibre des échanges de légumes frais se réduit de 21 millions d’euros, celui des fruits non transformés se creuse de 285 millions d’euros », annonce le ministère. La hausse des importations de fruits concerne notamment les agrumes et les fruits exotiques. En pomme de terre, les volumes exportés sont en baisse mais la forte hausse des prix permet à la filière d’enregistrer une augmentation de 125 M€ de ses ventes à l’étranger.

Les exportations de produits laitiers ont diminué de 333 M€ en 2016. Cette baisse est d’abord due aux prix faibles de début d’année puis à la baisse de la production à partir de l’été. La poudre de lait a été la plus touchée avec une diminution de 16 % des volumes envoyés à l’étranger.

Une tendance dynamique pour le secteur de l’élevage

L’excédent commercial des filières d’élevage augmente de 104 M€ pour atteindre 767 M€. Les ventes d’animaux vivants représentent 1,6 milliard, dont 1,4 milliard pour les bovins vivants. Les produits animaux voient, en revanche, leur excédent diminuer de 124 M€ et repasser sous la barre du milliard d’euro. Les viandes porcines retrouvent un excédent à 200 M€.

« Les importations se replient principalement en provenance de l’Allemagne et de l’Espagne. Outre la diminution de la consommation française de viande porcine (–1 % en 2016), deux hypothèses sont avancées par les professionnels : l’Espagne se concentrerait sur le marché chinois, se détournant partiellement du marché français et les salaisonniers français privilégieraient les jambons “français” », analyse le ministère. Le déficit des viandes bovines recule à –96 M€, notamment du fait d’une baisse des volumes importés. « A contrario, le déficit des viandes de volaille se creuse de 203 millions d’euros, conséquence de l’influenza aviaire, atteignant –191 millions d’euros en 2016 », explique Agreste.