En septembre, le label Agri-Éthique France et l’association Bio Loire Océan sont devenus membres de Commerce Équitable France, le collectif de défense et de promotion du commerce équitable.

« Être reconnus par nos pairs du commerce Nord/Sud est une étape très importante, se félicite Ludovic Brindejonc, le directeur général d’Agri-Ethique France. Ce collectif nous a aidés à nous structurer. Nous allons maintenant prendre part à la construction du commerce équitable origine France, qui représente un tiers du chiffre d’affaires du secteur. »

« Les prix de marchés ne sont pas équitables »

« Nous avons élaboré un cahier des charges très précis sur la méthode de construction des prix, explique Ludovic Brindejonc. Le prix payé au producteur doit être basé sur le coût de revient auquel s’ajoute une marge, et non pas sur le prix du marché, qui ne peut être équitable. Contractualiser sur un prix de marché et ajouter 0,10 centime, tout le monde le fait. Mais quand les cours sont trop bas, ça ne suffit pas. »

Une première filière viande en juin 2018

Le label Agri-Ethique a été développé en 2013 par la coopérative Cavac, pour la filière du blé. Il touche aujourd’hui 14 coopératives et plus de 1 000 producteurs de blé, lait, œuf et viande de porc. « Nous mettons à la disposition des acteurs qui le souhaitent des outils de contractualisation et nous accompagnons leurs forces commerciales pour qu’elles puissent convaincre leurs clients. »

Depuis juin 2018, la filière Porc fermier de Vendée IGP/Label rouge est devenue la première filière de la viande à bénéficier du label Agri-Éthique. À cette période, le prix payé aux 21 éleveurs était de 1,83 €/kg, pour un coût de revient de 1,60 €/kg. Les contrats sont établis pour trois ans et le prix d’achat est ajusté en fonction des variations du prix des céréales.

Un développement ardu en viande bovine

« Nous travaillons sur des projets en viande bovine et en beurre depuis plusieurs années, mais les choses ne sont pas simples, constate Ludovic Brindejonc. Le commerce équitable se raisonne à l’échelle d’une filière dans sa globalité. Tous les acteurs doivent se mettre autour de la table et tomber d’accord. La contractualisation ne doit pas s’arrêter au premier transformateur, sinon il se retrouve coincé lors des négociations avec ses propres clients. Pour le moment, rares sont les acteurs prêts à véritablement changer de logique de construction des prix. »

Valérie Scarlakens