Le prix payé aux organismes collecteurs pour le colza sous contrat de la récolte 2007 se situe à 333 €/t rendu usine, ont indiqué les responsables de Proléa, lors de la réunion régionale de la filière oléoprotéagineuse, vendredi à Rennes.

Trois compléments de prix ont été accordés en cours de campagne pour un montant de 49 €/t au total, qui s'ajoutent au prix de base de 250 €/t annoncé l'année dernière avant la récolte et à la prime d'engagement (23 €/t). La rémunération de 333 €/t s'entend base milieu de campagne (majorations de stockage sur 6 mois, 11 €/t), pour de la graine «aux normes», c'est-à-dire hors prime de qualité (teneur en huile).

Le tournesol oléique a quant à lui bénéficié d'un «complément de prix spécifique exceptionnel» de 25 €/t, soit un prix payé aux organismes collecteurs de 358 €/t.

Pour le colza, l'engagement d'atteindre 95% du prix Matif (marché à terme) «a été respecté», a indiqué Xavier Beulin, président de la Fop, soulignant également l'effort de transparence de la filière.

Deux personnes dans la salle sont néanmoins intervenues pour interroger les responsables de Proléa au sujet des prix payés par les organismes stockeurs (OS) aux producteurs, qui leur apparaissaient nettement inférieurs à ceux exposés.

Chaque organisme stockeur (OS) «est responsable» dans sa gestion, a répondu Xavier Beulin, expliquant aussi que les OS prennent en compte les coûts logistiques et leur marge, et qu'ils n'avaient sans doute pas tous encore décidé des compléments de prix définitifs qui seront payés aux agriculteurs.

«La situation est compliquée» pour le tournseol oléique, étant donné la forte progression des cours du tournseol alimentaire, a reconnu Xavier Beulin. Une position «sans ambiguïté» a été exprimée par Orama (union des grandes cultures, Fop, AGPB, AGPM) sur le nécessaire respect des engagements contractuels des producteurs, a-t-il néanmoins rappelé.

Le président de la Fop a estimé que la contractualisation entre les collecteurs et les producteurs doit être un sujet de discussion dans la filière pour les prochains mois. «Il ne s'agit pas d'établir une contractualisation directe entre Diester Industrie et les agriculteurs», a-t-il expliqué. Selon lui, il serait «important que le producteur ait la possibilité et l'intérêt de s'engager sur plusieurs années».

Dès la récolte de 2008 quelques OS vont pratiquer un prix unique payé au producteur pour le colza Diester et le colza alimentaire, a également indiqué Xavier Beulin.

Concernant les contrats entre Diester Industrie et les OS, les modalités évoluent pour 2008-2009. La rémunération continuera à être basée sur le prix moyen, pour au moins 65%, et pourra intégrer jusqu'à 35% de prix de marché.

«Diester Industrie a accpeté de bouger» à la demande des OS, a affirmé Philippe Tillous-Borde, président du groupe, soulignant «l'attitude flexible de la filière» dans un contexte de marchés difficiles à gérer. Les matières premières ont augmenté de 50% tandis que la gazole n'a progressé que 20%, la nette hausse du pétrole (en dollar) étant atténuée par la faiblesse de l'euro, a-t-il expliqué.

La décision des pouvoirs publics français, prise à l'automne de 2007, de diminuer l'avantage fiscal dont bénéficie l'EMVH, qui est passée de 25 à 22 €/hl représente «60 millions d'euros en moins dans les comptes de Diester Industrie», a-t-il ajouté. Xavier Beulin avait auparavant estimé le coût de cette décision à 40 €/ha.

Philippe Tillous-Borde a en outre indiqué que que prix d'acompte pour le colza Diester sera fixé en mai et que «350 €/t devrait être l'ordre de grandeur»

Depuis 2005, Diester Industrie et Saipol ont investi 500 millions d'euros. Les capacités de trituration en France vont passer de 2,3 millions de tonnes (Mt) à la fin de 2005 à 4,1 Mt à la fin de 2008, les capacités de raffinage vont atteindre 2,4 Mt (1 Mt à la fin de 2005) et les capacités d'estérification 2 Mt (0,35 Mt à la fin de 2005).

Répondant aux critiques qui visent actuellement les biocarburants, dans le contexte de hausse des prix alimentaires dans le monde, Xavier Beulin a simplement rappelé que, pour la France et l'Europe, moins de 2% des surfaces agricoles sont consacrées aux biocarburants, et ne sont donc «pas la cause des déséquilibres».

Concernant le bilan de santé de la Pac, il a souligné la nécessité de garder des outils de régulation des marchés et déclaré son opposition, également exprimée par Orama, à l'augmentation de la modulation des aides du premier pilier (soutiens aux marchés) vers le second pilier (développement rual) de la Pac.

P.C.