2010 est en passe de devenir l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, a annoncé l'Organisation météorologique mondiale (OMM), jeudi, en marge de la conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique, à Cancún, au Mexique.

« Il est quasi certain que l'année 2010 figurera parmi les trois années les plus chaudes depuis le début des enregistrements en 1850 », a déclaré l'OMM dans un communiqué.

« Et elle est probablement la plus chaude d'octobre à novembre », a ajouté Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM, au cours d'une conférence de presse.

Par ailleurs, la période « 2001-2010 a atteint un nouveau record. Ce sera la décennie la plus chaude jamais enregistrée », a-t-il expliqué.

Michel Jarraud a dit espérer qu'un rapport réalisé à partir de données transmises par quatre institutions météorologiques différentes aiderait les responsables du monde entier, réunis à Cancún jusqu'au 10 décembre, à prendre des décisions.

Seules deux autres années, 1998 et 2005, ont été un peu plus chaudes. L'étalon de référence pour la température moyenne du globe – surface de la mer et de la terre – est de 14°C, la moyenne enregistrée entre 1961 et 1990.

1998 était de 0,53°C au-dessus et 2005 de 0,52°C. Pour la période de janvier à octobre 2010, la hausse était de 0,55°C, plus ou moins 0,11°. L'estimation finale sera faite en février prochain.

Les températures à la surface de la terre étaient « au-dessus de la normale dans la plupart des régions du monde », précise l'OMM, mais des « anomalies de chaleur extrême » ont surtout eu lieu en deux endroits précis.

Au Canada et au Groenland, les températures annuelles moyennes ont dépassé de 3°C ou plus la normale dans certaines régions.

La superficie de la calotte arctique « a encore atteint un niveau très, très faible, le troisième plus bas » jamais enregistré, a précisé Michel Jarraud.

Dans la partie nord de l'Afrique et de l'Asie du Sud, jusqu'à la moitié occidentale de la Chine, le mercure est monté à 3°C au-dessus de la normale quasi partout.

Pour Michel Jarraud, ces mesures sont un « élément additionnel pour confirmer qu'il y a effectivement un réchauffement ». Quant à « la part de l'homme, on peut la déduire d'autres courbes, comme celle des gaz à effet de serre », a-t-il déclaré.

Le rapport met également en avant les phénomènes météorologiques naturels El Niño et La Niña, mais un éventuel lien avec le changement climatique est débattu.

Ils se caractérisent par une variation des températures de surface de la mer des secteurs central et oriental du Pacifique et provoquent des événements extrêmes comme des moussons intenses, des ouragans ou des sécheresses.

« 2010 a commencé avec un El Niño bien installé sur l'océan Pacifique (...), les conditions de La Niña étaient en place dès août », selon le rapport.

« La transition Niño-Niña est similaire à celle qui a eu lieu en 1998, une autre année très chaude », poursuit le texte.

Une série d'événements météorologiques extrêmes ont eu lieu cette année-là : vague de chaleur sans précédent en Russie (environ 11.000 morts), ou encore des inondations monstres au Pakistan, qui ont affecté des millions de personnes.

Dans de nombreuses régions tempérées de l'hémisphère Nord, l'hiver a été anormalement froid, avec un record en Irlande et en Ecosse depuis 1962-1963.

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