Les récentes tempêtes et sécheresses qui ont provoqué une flambée des prix des produits alimentaires ne sont qu'un « sinistre avant-goût » de ce qui arrivera lorsque le changement climatique se fera sentir plus intensément, a affirmé, lundi, l'ONG Oxfam.

Alors que s'ouvre une conférence des Nations unies sur le changement climatique à Durban (Afrique du Sud), le rapport de l'organisation non gouvernementale (ONG) britannique constate une envolée des prix du blé, du maïs et du sorgho du fait de phénomènes météorologiques extrêmes qui ont plongé des dizaines de millions de personnes dans la pauvreté lors des dix-huit derniers mois. « Cela va s'aggraver à mesure que le changement climatique s'accélérera et que l'agriculture en ressentira les effets », estime Oxfam.

En 2010, rappelle l'ONG, une vague de chaleur en Russie et en Ukraine avait entraîné un bond de 60 à 80 % des prix mondiaux du blé en trois mois. En Somalie, en juillet dernier, le prix du sorgho se situait à 393 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années alors que ceux du maïs, en Ethiopie et au Kenya, ont bondi de 191 % et 161 % respectivement, reflétant l'impact de la sécheresse dans la Corne de l'Afrique. Pendant la même période, tempêtes et typhons en Asie du Sud-Est ont fait grimper le prix du riz en Thaïlande et au Vietnam. En septembre et octobre, les cours étaient en hausse de 25 à 30 % par rapport à ceux d'il y a un an.

Oxfam lance un appel aux pays réunis à partir de lundi à Durban pour qu'ils s'engagent vers une réduction draconienne des émissions de gaz carbonique et vers la mise en oeuvre du fonds destiné à aider les pays pauvres. Ce « Fonds vert », qui doit permettre d'acheminer 100 milliards de dollars par an aux pays les plus vulnérables à partir de 2020, sera l'un des sujets discutés à Durban.

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