Une ferme romaine, des sites funéraires ou encore des habitations de l’âge de fer : ils ont surgi dans les champs du Royaume-Uni à la faveur de pics de chaleur. La sécheresse de ces dernières semaines a en effet révélé des emplacements d’ouvrages remontant parfois à la préhistoire. C’est en survolant la campagne britannique que les archéologues ont pu observer et photographier le phénomène.

« Cette vague de chaleur a fourni les conditions parfaites pour que nos archéologues puissent voir “à travers les sols” », se réjouit Duncan Wilson, directeur général d’Historic England, un organisme public en charge de la préservation du patrimoine, qui mène ce travail de recherche. « Ces découvertes sont passionnantes. »

Ces motifs géométriques, dénommés indices phytologiques, apparaissent car les vestiges modifient la fertilité des sols : là où des murs ont été construits puis enfouis avec le temps, les pierres brident la croissance des plantes en surface, qui résistent moins bien en période de sécheresse.

À l’inverse, les fossés qui avaient été creusés avant d’être remblayés au fil des siècles offrent un sol plus fertile, permettant aux cultures de résister plus longtemps.

Les photos aériennes d’Historic England montrent des prairies à l’herbe jaunie par la chaleur, avec des segments et des cercles plus clairs ou plus foncés, révélant la position de constructions et de tranchées.

1 500 sites découverts en 2011

L’analyse des premiers clichés a permis de découvrir plusieurs sites funéraires préhistoriques, ainsi que l’emplacement de deux monuments probablement érigés à l’époque néolithique, entre 3 600 et 3 000 avant JC, près de la ville de Milton Keynes, à une centaine de kilomètres au nord de Londres.

Elle a également révélé la position d’habitations de forme ronde remontant à l’âge de fer, ainsi que des vestiges de l’âge de bronze, dans les Cornouailles, au sud-ouest de l’Angleterre.

« C’est excitant d’avoir eu une si longue période de chaleur, commentent les chercheurs. La dernière fois c’était en 2011, souligne Helen Winton, responsable du service d’enquête et de cartographie aériennes. Et nous avions découvert 1 500 sites, principalement dans les terres argileuses de l’est de l’Angleterre. »

R.A. avec l’AFP