« On ne peut plus considérer les circuits courts comme un effet mode », a déclaré Claude Cochonneau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 8 février 2017. Si le fait est reconnu par beaucoup depuis des années, il résonne significativement dans les locaux de l’avenue George V. Il faut dire que les circuits courts et de proximité étaient jusque-là cantonnés aux services spécialisés de l’APCA, ou laissés aux ambitions locales. Voilà qu’ils font désormais office de mission stratégique pour l’institution. Et elle entend le faire savoir.

Partenaire du salon « Planète appro »

Cette conférence était l’occasion pour elle de recenser les différentes actions engagées en la matière. La chambre d’agriculture du Rhône, par exemple, sera partenaire du premier salon entièrement affecté aux circuits de proximité : « Planète appro », qui se déroulera à Lyon les 2 et 3 avril 2017. Ce carrefour pour les professionnels désireux de travailler ensemble prévoit une exposition commerciale sur plus de 2 000 m² ainsi que des conférences et ateliers à destination des agriculteurs. « Nous voulons en faire un salon des opportunités », affirme Gérard Bazin, président de la chambre. Ce sera aussi l’occasion de s’imposer comme acteur incontournable dans une région qui collectionne les initiatives d’accompagnement des circuits courts…

Investir les PAT

Autre illustration avec les projets alimentaires territoriaux (PAT), institués par la loi d’avenir de 2014. Leur objectif : mettre en réseau tous les acteurs d’un territoire concernés par l’approvisionnement local. Une centaine a déjà vu le jour, sur toute la France. En votant une délibération en 2015, les chambres d’agriculture ont très tôt marqué leur souhait de s’engager dans le développement des PAT. Elles insistent désormais en communiquant dessus. « C’est notre rôle de fédérer et d’animer des groupes, de construire une dynamique collective et de créer du lien », a justifié Michel Brossier, élu dans le Maine-et-Loire. Ce travail s’inscrivant dans le temps, il faudra être patient pour en observer les fruits.

Miser sur Bienvenue à la ferme

C’est surtout sur sa marque « pépite » Bienvenue à la ferme que l’APCA entend consacrer ses efforts. Elle veut développer son volet sur la distribution alimentaire et mieux communiquer dessus. Un plan est d’ores et déjà annoncé en ce sens pour septembre 2017, avec une refonte du site internet et de son application smartphone. L’expérimentation d’un « magasin partenaire » (Goût et Qualité, en Normandie) se poursuit par ailleurs. Il devrait faire des émules. De bon augure pour le réseau qui fêtera ses trente ans l’année prochaine !

Il reste un point non abordé : celui de la formation des agriculteurs qui se lancent dans les circuits courts. De fortes inégalités demeurent dans les départements, les références manquent et les porteurs de projets doivent souvent se contenter d’une sensibilisation sur le sujet au moment de l’installation. Un vaste et nécessaire chantier pour les chambres d’agriculture, alors même que la concurrence se développe sur ce terrain.

Alain Cardinaux