« Nous avions des inquiétudes vis-à-vis de la morosité ambiante, reconnaît Pascal Langevin, le président du Herdbook charolais. Le marché des reproducteurs est très calme depuis l’automne. Finalement, 65 % des taureaux présentés ont été vendus aux enchères, 5 à l’amiable, et les visites d’éleveurs à la station se poursuivent. » Au total 32 animaux sur les 40 que Charolais expansion mettait en vente le 28 janvier ont changé de main.

La moyenne des enchères atteint 3 172 € pour ces charolais de la station des taureaux à génisses du Marault (Nièvre). Le prix maximal est de 8 020 €. « La moyenne est inférieure de 100 € à l’an dernier, poursuit-il. Ce n’est pas catastrophique vu l’année que nous venons de connaître. Des acheteurs portugais et néerlandais étaient présents. L’an dernier, il y avait des Italiens. Chez nos voisins aussi, il y a une demande pour ce profil de reproducteurs. »

Dans le berceau de la race

Les acheteurs français viennent majoritairement du berceau de race. Les taureaux vendus aux enchères rejoindront des élevages de la Nièvre, la Côte-d’Or, l’Allier ou encore la Saône-et-Loire. « Il y a une demande pour ce type de mâles et pas forcément de la part des éleveurs de reproducteurs, remarque Pascal Langevin. Leurs filles pourront être conservées pour le renouvellement du troupeau. »

Jusqu’à maintenant, ces animaux sont recrutés en ferme sur ascendance, et après visite d’un inspecteur du Herdbook. « Pour les prochains, nous intégrerons aussi leurs index génomiques, reprend Pascal Langevin. Cette année, pour la première fois, nous affichions l’Isu des mères de ces taureaux. Dans notre race, l’Isu repose en grande partie sur des critères économiques : le développement musculaire, l’intervalle vêlage-vêlage… »

Éric Roussel
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

La demande recule dans les allaitantes de coupe

Les couvre-feux instaurés pour lutter contre la propagation de la Covid-19 ont donné un grand coup de frein aux ventes des pièces nobles alors que de nouvelles mesures de restriction sont attendues pour le milieu de semaine. Les achats des ménages, plutôt orientés sur les viandes à bouillir qu’à griller, ne parviennent pas à compenser les pertes du débouché de la restauration.