Les pays doivent s'orienter vers des systèmes alimentaires plus durables en renforçant les mesures d'atténuation et d'adaptation aux effets du changement climatique, a déclaré le directeur général de la FAO (1), José Graziano da Silva, en prenant la parole le 23 avril lors des septièmes Assises de l'agriculture du Maroc.

« Toutes nos initiatives doivent prendre en compte le changement climatique », a-t-il souligné. « Le temps presse et nous ne pouvons nous permettre d'attendre ». « Le changement climatique a le pouvoir de reconfigurer le scénario de production vivrière de la planète », a précisé M. Graziano da Silva, en ajoutant qu'il réintroduisait « un élément d'incertitude » après des décennies durant lesquelles la faim était davantage la conséquence d'un manque d'accès aux moyens de produire ou d'acheter de la nourriture que d'une insuffisance des disponibilités alimentaires à l'échelle mondiale, rapporte un communiqué de la FAO.

« Les plus vulnérables sont les plus pauvres », a-t-il affirmé. « Ils ont non seulement moins de ressources pour réagir, mais ils tendent aussi à vivre dans des zones de production déjà marginales » où l'impact du changement climatique sur la production agricole est ressenti plus fortement.

Le directeur général de la FAO a souligné les récentes conclusions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), qui reflétaient ces préoccupations et invitaient à une action urgente. Il a souligné que le changement climatique constituerait un enjeu, tant pour les grandes fermes familiales modernisées que pour les petits exploitants familiaux.

Le changement climatique est une question qui touche à un vaste éventail de priorités de développement, notamment l'élimination de la faim, le soutien d'une production durable, la réduction de la pauvreté rurale, l'amélioration des marchés alimentaires et le renforcement de la résilience, a expliqué M. Graziano da Silva.

Quelque 500 millions de fermes familiales représentent environ 80 % des exploitations du monde, tout en comprenant un grand nombre de ménages parmi les plus vulnérables de la planète, a-t-il fait remarquer. Les agriculteurs familiaux constituent 70 % de tous les ménages souffrant d'insécurité alimentaire dans les zones rurales des pays en développement.

Le Maroc cité en exemple

Le directeur général de la FAO a salué le gouvernement marocain pour son plan Maroc Vert, qui « a su reconnaître les exigences distinctes des petits exploitants et des plus grandes fermes familiales ». Il a également félicité le Maroc pour sa réduction de la sous-alimentation à moins de 5 %, conformément aux cibles fixées par le premier objectif du Millénaire pour le développement consistant à diminuer de moitié la prévalence de la faim et de la pauvreté d'ici à 2015.

M. Graziano da Silva et les ministres marocains de l'Agriculture et de la Pêche maritime et de l'Economie et des Finances ont signé un accord visant à soutenir les projets de sécurité alimentaire ailleurs en Afrique dans le cadre du programme de coopération Sud-Sud de la FAO. L'accord innovant est le premier au titre de ce programme à conjuguer ainsi des fonds du gouvernement et du secteur privé.

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(1) FAO : Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.