Le secrétaire général, Dominique Chalumeaux, avait annoncé le 24 novembre 2016 qu’il n’y aurait pas de licenciements dus à la restructuration des chambres d’agriculture, mais « des postes non renouvelés ». Seulement le 7 décembre 2016, la chambre de la Vienne démontre le contraire, en informant du licenciement de 10 salariés sur les 90 en place (pour 80 équivalents temps plein), dont 3 conseillers en contact direct avec les agriculteurs. Trois départs à la retraite ne seront par ailleurs pas remplacés et une personne en période d’essai (depuis un an) ne sera finalement pas titularisée.

Ce plan social fait suite à la présentation, le 25 novembre 2016, d’un budget déficitaire pour la chambre de 700 000 euros. Si son président Dominique Marchand l’explique par la baisse des dotations de l’État, la Fédération agroalimentaire-CFDT, qui réunit 50 000 salariés dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, met en cause de son côté « la régionalisation de certaines missions et le transfert de salariés qui en découlent ».

Burn-out et dépression

Le syndicat se dit plus largement inquiet pour l’ensemble des chambres d’agriculture. « Depuis plusieurs années, les salariés sont confrontés, sans accompagnement de la part de leurs employeurs, aux évolutions des missions et de la structuration des chambres d’agriculture ».

« De nombreux salariés sont victimes de risques psychosociaux. Les cas d’inaptitude se développent de manière inquiétante ». Des cas de burn-out ou encore de dépression : cinq cas ont été récemment rapportés à l’organisation. « En Bretagne notamment, nous avons pu constater un nombre élevé de personnes très affectées », note Annabel Foury, secrétaire nationale.

En Bretagne, la régionalisation des chambres sera effective à partir du 1er janvier 2017. Et même si les échelons départementaux et territoriaux seront conservés, l’ensemble des salariés auront désormais pour unique employeur la chambre régionale. Aucun plan social n’est prévu, mais un départ à la retraite sur deux ne devrait pas être remplacé.

Autre signal fort : les agents des cinq chambres départementales de la Normandie se sont mis en grève, le 28 novembre 2016, pour la première fois depuis 38 ans. En cause : la renégociation du temps de travail.

Déficit annoncé aussi pour l’Ardèche

La FGA-CFDT demande à l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) et au ministère de l’Agriculture « une expertise des comptes des chambres affichant un budget déficitaire ». Et de pointer déjà, en plus de celle de la Vienne, la chambre de l’Ardèche qui enregistrerait un déficit de 300 000 euros, selon la secrétaire nationale.

Le syndicat exige en outre un plan d’accompagnement national pour les salariés en cette période de restructuration du réseau. « Il est urgent que les chambres d’agriculture cessent de courir après tout et n’importe quoi, après les subventions et des métiers qui ne sont pas les siens… Pour se recentrer sur ses missions prioritaires », souligne Annabel Foury.

Les chambres d’agriculture emploient aujourd’hui 8 000 salariés sur son réseau national.

Rosanne Aries