L’Observatoire des prix et des marges fait un pas de plus dans l’analyse du partage de la valeur dans la chaîne alimentaire, en incluant l’impact de la restauration sur l’euro alimentaire. Jusqu’à présent, seuls étaient pris en compte les achats en magasins ou directement aux producteurs, et l’autoconsommation.

Dans sa dernière note de décembre, l’Observatoire calcule ainsi que dans 100 euros de consommation alimentaire – restauration incluse – les produits agricoles domestiques représentent 13,5 euros et les valeurs créées en aval, 67 euros (chiffres 2012).

10 % de la valeur ajoutée induite

Voilà pour la part agricole, mais quid de la valeur ajoutée pour le secteur ? La prise en compte nouvelle de la restauration fait apparaître des résultats plus serrés qu’auparavant : sur 100 euros de consommation alimentaire des ménages, l’agriculture ne capte que 6,8 euros de valeur ajoutée (contre plus de 8 euros avant). Cela représente 10 % de la valeur ajoutée induite dans toutes les branches de l’économie nationale (qui pèse 65,7 euros sur nos 100 euros).

« En montants absolus, évidemment, la dépense en restauration induit une valeur ajoutée supplémentaire de 46 milliards d’euros dont 31 milliards dans la restauration et 15 milliards dans les autres branches, dont près de 2 milliards pour l’agriculture », précise l’Observatoire.

À l’amont, 25,3 euros rémunèrent des importations en produits alimentaires ou en intrants et 9 € sont des taxes (TVA, taxes sur les boissons, taxes sur les carburants…). À l’aval, des parts importantes reviennent au commerce (15,6 euros, soit 24 % des valeurs ajoutées induites), à la restauration (14,2 euros, 22 %) et aux autres services, transport inclus (14,4 euros, 22 %). Les industriels captent de leur côté 11,5 € (soit 17,5 % de valeurs ajoutées induites).

Alain Cardinaux