À mesure que la récolte de blé française progresse, les rendements catastrophiques se vérifient et les perspectives d’export se réduisent. Le Benelux a aussi été fortement touché par la météo défavorable et les maladies. En Allemagne, la situation est plus contrastée et les rendements, bien qu’inférieurs à l’an dernier, devraient être meilleurs qu’en France. Au Royaume-Uni, les premières coupes d’orge d’hiver ont été décevantes dans le sud de l’Angleterre, mais les résultats s’améliorent avec la remontée des moissonneuses vers le nord. En Bulgarie et en Roumanie, au contraire, les rendements records sont bien au rendez-vous. C’est le cas également en Russie et en Ukraine où les récoltes sont revues en hausse.

Malgré l’offre abondante dans cette zone, les prix russes et ukrainiens gagnent quelques dollars cette semaine (à respectivement 167 $/t et 159 $/t) en raison des pluies qui perturbent la récolte russe et de la demande pour ces origines. La Roumanie et la Russie ont d’ailleurs à nouveau remporté l’appel d’offres de l’Égypte (60 000 tonnes chacun). En France, les prix évoluent en ordre dispersé avec une baisse des blés meuniers à l’ouest (-3 à 4 €/t en rendu Rouen et La Pallice, à respectivement 163 et 161 €/t), mais une hausse de quelques euros sur le Fob Moselle (à 166 €/t). Le blé fourrager français remonte aussi de quelques euros (à 154 €/t rendu Rouen). Les rumeurs d’importation de blé par la France se confirment avec l’arrivée d’un bateau de 55 000 t de blé roumain fin août.

Le temps chaud et sec soutient les cours du maïs français. Il intervient en effet au stade sensible de la floraison (46 % des maïs avaient atteint ce stade au 25 juillet, selon FranceAgriMer). La fermeté est également de mise pour les maïs US (+2 $/t à 175 $/t Fob Gulf), mais les prévisions de temps chaud et sec ne se sont pas encore matérialisées, faisant ainsi baisser le marché à terme de Chicago en fin de semaine. Les maïs US semblent ainsi passer la phase de pollinisation avec un stress minimal, mais les conditions des prochaines semaines vont être déterminantes pour les potentiels de rendement.

En orge, les prix brassicoles augmentent de 10 €/t environ (à 175 €/t Fob Creil en hiver et 201 €/t en printemps), propulsant les primes brassicoles (écart entre prix brassicoles et fourragers) à des niveaux élevés (36 €/t en hiver et 62 €/t en printemps). Du côté fourrager, les prix se contractent, au contraire, de quelques euros (à 134 €/t rendu Rouen et 136,5 €/t en Fob Moselle). Les orges russes et ukrainiennes voient leurs prix augmenter, malgré les bons résultats de récolte, en raison d’une demande à l’export très élevée (exportations ukrainiennes records sur le mois de juillet).

Oléagineux : « weather market » aux US et recul du pétrole pèsent sur les prix

Les cours du soja ont poursuivi leur baisse cette semaine sur le marché à terme de Chicago, perdant 11 $/t (à 369 $/t). Les opérateurs continuent à se focaliser sur l’état des cultures aux États-Unis et sur les prévisions météorologiques des prochains jours. Pour le moment, les sojas résistent plutôt bien au temps sec et chaud dans la « Soy belt ». 71 % des plants étaient encore dans un état bon à excellent le 24 juillet (comme la semaine précédente), une situation très favorable. Toutefois, les rendements ne sont pas encore assurés puisque les sojas entament seulement la phase clé de formation des gousses et remplissage des grains. L’épuisement précoce des disponibilités sud-américaines a encore entrainé plusieurs ventes de soja US en ancienne campagne, et les chargements de graines au départ des États-Unis atteignent des niveaux élevés pour cette période de l’année (0,7 Mt la semaine dernière).

Au Canada, les conditions restent bonnes, notamment dans le Saskatchewan et les prix du canola s’affaissent à la suite du soja.

En France, les colzas n’ont pu résister à la pression baissière de la graine oléagineuse américaine et du pétrole (baisse à la suite de la publication de stocks américains plus élevés que prévus). Ils reculent de 5-6 €/t selon les places. Plusieurs bateaux en provenance de Roumanie et Bulgarie sont en route vers les ports français et du Benelux. Cela confirme les résultats de récolte contrastés à l’échelle de l’Europe : production médiocre en Europe de l’Ouest mais abondante en Europe du Sud-Est. Ces importations pourraient limiter la hausse des prix français dans un contexte pourtant haussier. Ils peuvent également expliquer le décompte important observé entre les cotations rendu Rouen et Fob Moselle (-9 €/t).

Le tournesol poursuit son léger recul, perdant encore 5 €/t à Saint-Nazaire. Les perspectives de production restent très favorables en mer Noire.

Protéagineux et tourteaux : recul des tourteaux dans le sillage des graines

Les cotations des tourteaux de soja à Chicago perdent encore 12 $/t cette semaine, à la suite des graines. À Montoir, les prix reculent encore plus fortement (-22 €/t). Les perspectives favorables pour la récolte de soja des États-Unis pèsent sur les prix des tourteaux.

Départ Marne, les pois fourragers progressent à 220 €/t (+5 €/t sur la semaine). Une récolte médiocre tant en volume qu’en qualité soutient les cours.

À SUIVRE : climat aux USA et son impact sur le développement du maïs et du soja, résultats de récolte en Allemagne et au Royaume-Uni.

Tallage
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