Malgré une année à fortes contraintes climatiques (déficit hydrique, gelées tardives, températures élevées, etc.), la récolte française de céréales devrait avoisiner les 68,2 Mt (dont 37,8 Mt de blé tendre), selon les derniers chiffres du service de la statistique du ministère de l’Agriculture.

Une très bonne qualité…

« Le déficit hydrique et l’excès thermique ont été les facteurs de stress les plus pénalisants en 2017, explique Jean-Paul Bordes, d’Arvalis. Néanmoins, le reliquat élevé à la sortie d’hiver, la faible pression maladie et le fort rayonnement ont eu un effet favorable sur le remplissage des grains. » Seules les régions ayant connu un coup de chaleur couplé à un stress hydrique ont connu des inquiétudes, entre autres, en fin de remplissage des grains.

Ainsi, les résultats de l’enquête réalisée auprès des collecteurs confirment la qualité exceptionnelle de la récolte (voir les résultats détaillés). Avec 65 % du blé tendre ayant une teneur en protéines supérieure à 12 %, le couple rendement-protéines est l’un des plus élevé de ses dernières années, note Arvalis. Non seulement le taux de protéines est élevé, mais la qualité des protéines est très bonne comme en atteste la note totale de panification (en moyenne à 268).

« La bonne qualité est aussi due, en partie, à des changements de pratiques des agriculteurs, précise Jean-Paul Bordes. Au-delà du choix variétal, ces derniers sont de plus en plus nombreux à utiliser des outils de pilotage, notamment pour mieux gérer la fertilisation azotée. »

… qu’il sera compliqué de valoriser à l’exportation

Malgré une bonne récolte française en termes de quantité et de qualité, FranceAgriMer semble moins optimiste quant aux perspectives d’exportation. Ainsi, l’organisme table sur des exportations de blé tendre vers les pays tiers à 10,2 Mt, « sous réserve d’une amélioration de la compétitivité française ».

« Ce chiffre de 10,2 Mt peut paraître faible au regard de l’historique (hors 2016) et de la disponibilité, mais la donne sur le marché mondial va rendre difficile la valorisation de la récolte française », explique Olivia Le Lamer, adjointe en chef de l’unité des grains et du sucre. En effet, la compétitivité française est mise à mal, affaiblie par la hausse de la parité euro-dollar, dans un marché où le niveau de référence du taux de protéines se situe plutôt à 12,5 qu’à 11,5. Selon Olivia Le Lamer, « il y aura certainement beaucoup de frustrations à ne pas pouvoir valoriser à sa juste valeur, la qualité de la récolte de 2017 ».

En cause, des productions records et de qualité dans la zone de la mer Noire, notamment en Russie (81 Mt de blé, selon le dernier rapport de l’USDA). « D’après les opérateurs, malgré la pression au dégagement, la logistique russe devrait permettre d’absorber les volumes. On s’attend donc à un flux continu pendant les prochains mois, les exportations russes de blé étant attendues aux alentours de 30 Mt », rapporte Olivia Le Lamer.

Pour le moment, la campagne de commercialisation française démarre sur la même lignée que celle de l’an passé. Sur les 35,4 Mt de blé tendre collectées (bilan hors ferme), un volume de 1,35 Mt a été exporté au 11 août : 993 000 t vers l’Algérie, 95 000 t vers Cuba et 58 000 t vers l’Égypte.

Enfin, au niveau des exportations européennes, FranceAgriMer table sur 7,9 Mt de blé tendre à destination de l’UE, un chiffre qui évoluera en fonction des prix des différentes matières premières choisies par les industriels de fabrication d’alimentation du bétail, et de la compétitivité française dans le choix des origines.

Marie Seyer
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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