La FAO a livré hier ses secondes estimations des niveaux de production, d’utilisation, d’échange et des stocks de céréales pour la campagne de 2017-2018. L’organisation de Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture indique « qu’en dépit d’une production mondiale qui devrait diminuer en 2017, l’offre restera sans doute abondante et les stocks de clôture de la prochaine saison devraient rester proches de leur niveau d’ouverture record ».

Plus de maïs au Brésil, moins de blé au total

En termes de production, une baisse de 0,4 % par rapport à 2016 est toujours envisagée. Ce mois-ci, les projections de la production mondiale de maïs ont été revues à la hausse (0,3 %, soit 3,3 Mt), à 1 054 Mt (millions de tonnes). Elles tiennent compte d’une hausse des rendements au Brésil.

L’état des lieux sur la production de blé est similaire à celui du mois dernier : « En 2017 la production […] devrait baisser de 20 Mt environ (–2,6 %), à 740 Mt », indique le bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales. Cette baisse s’explique par une baisse des volumes de récoltes (Australie, Canada, Russie, États-Unis) non compensée par les augmentations (Europe, Inde, Maroc).

Moins d’échanges de maïs, et plus de blé au départ de l’Europe

La hausse de rendements au Brésil occasionne une baisse de la demande brésilienne de maïs. Ajoutée à celle de plusieurs pays d’Afrique australe, cette baisse « ferait plus que contrebalancer l’augmentation prévue des importations de l’Union européenne et de plusieurs pays d’Asie ». Résultat : les échanges de céréales secondaires fléchiraient de 3 % par rapport à 2016-2017 (juillet/juin), à 173 Mt.

La FAO prévoit une tendance similaire pour les échanges de blé : ceux-ci devraient reculer de 2,2 % en 2017-2018 (juillet/juin), à 170 Mt. Sur ce marché, « l’Union européenne devrait retrouver sa position de plus gros exportateur mondial de blé, avec 29,7 Mt, indique le bulletin de la FAO. Elle dépasserait les exportations de la Russie de 1 million de tonnes en 2017-2018 ».

Moins de blé pour l’alimentation animale

Du côté de l’utilisation des céréales, les nouvelles prévisions font état d’une plus forte utilisation des céréales secondaires aux fins de l’alimentation animale, en Chine et en Amérique du Sud.

L’offre abondante en céréales secondaires devrait par ailleurs faire reculer du blé dans l’alimentation animale. La FAO a donc revu à la baisse le chiffre d’utilisation de blé pour 2017-2018, le fixant, au 4 mai 2017, à millions de tonnes.

Au total, l’utilisation des céréales (blé + céréales secondaires) augmenterait de 1 % sur un an.

Des stocks mondiaux toujours records

Le mois dernier, la FAO prévoyait un maintien des stocks de céréales à un niveau record. Les estimations de début confirment cette tendance : les stocks de clôture sont évalués à 689,1 Mt, en hausse de 1,4 % sur un mois.

Dans le détail, les augmentations sont de :

  • +3,3% pour les stocks de blé, ceux-ci s’établissant, à la clôture en 2018, à 247,4 Mt. L’augmentation serait liée à des stocks plus élevés en Chine et, « dans une moindre mesure », en Europe, au Maroc et dans la Fédération de Russie.
  • +3,2 % pour les stocks de céréales secondaires, qui s’établiraient à 271 Mt à la clôture en 2018. La raison ? Un ajustement à la hausse des stocks de la Chine… stocks dans lesquels elle devrait piocher à hauteur de 20,5 Mt, estime la FAO.

Compte tenu de ces augmentations (de l’utilisation et des stocks), « en 2017-2018, le rapport stock/utilisation de céréales pourrait […] passer légèrement en dessous du niveau de la campagne en cours, pour s’établir à 25,8 % ».

A. Cas.