Les cours mondiaux du blé tendre ont pour la plupart prolongé la séquence de léger raffermissement cette semaine, tendance suivie au niveau français. Le rendu Rouen en blé meunier a ainsi regagné 2 €/t, à 164 €/t, dupliquant l’évolution d’Euronext, où le contrat de décembre est passé de 162,5 €/t la semaine dernière à 164,75 €/t jeudi. Outre l’évolution à la hausse des prix russes et ukrainiens, le blé européen profite de l’affaiblissement de l’euro, favorable aux exportations issues de l’UE.

Plusieurs éléments supportent le marché mondial du blé, à commencer par le retour massif aux achats de l’Égypte. L’office d’État égyptien, le Gasc, qui affiche un net retard dans son programme d’importation à la suite du feuilleton de l’ergot, a passé la vitesse supérieure dans son dernier appel d’offres du 25 octobre : il a acheté 420 000 tonnes pour livraison en décembre, soit son plus gros « tender » depuis presque trois ans. Cela a profité à la Roumanie (pour 240 000 t) et à la Russie (180 000 t), mais ce réveil du premier importateur mondial de blé a un impact qui dépasse les seules origines concernées.

Les prix de la mer Noire (russes et ukrainiens) ont donc continué de se raffermir, entraînant dans leur sillage les origines européennes. La reprise des cours reste toutefois limitée par les fortes disponibilités mondiales. Ainsi, après avoir connu une hausse au début de la semaine, de concert avec les autres places mondiales et sous l’effet de bonnes performances à l’exportation, les prix US sont repartis à la baisse dernièrement. Il faudra maintenant surveiller la qualité finale de la récolte au Canada, dégradée par les pluies, avec un scénario semblable qui se profile en Argentine. Cela pourrait tirer à la hausse les prix des blés de bonne qualité.

Pour les orges fourragères, le Fob Rouen est coté à 153,5 $/t, reculant de 1 $/t par rapport à la semaine dernière, tandis que la cotation russe a été reconduite et que l’ukrainienne s’est renchérie à 158 $/t (+4,5 $/t). En Ukraine, les exportations ont été particulièrement dynamiques depuis le début de la campagne contrairement à la Russie et aux origines européennes. L’orge fourragère française doit creuser l’écart si elle veut compenser le désavantage du fret et la faiblesse de ses PS. Sur le marché des orges brassicoles, l’orge de printemps est cotée à 188 €/t Fob Creil (–1 €/t) et celle d’hiver à 158 €/t Fob Creil (+3 €/t). Les prix brassicoles ne possèdent pas de potentiel de baisse étant donné les faibles disponibilités et la tension du bilan brassicole européen, en particulier pour les orges de printemps.

En maïs, la cotation Fob Rhin se stabilise (à 162 €/t) alors que le Fob Bordeaux gagne 8 €/t (à 169 €/t). En France, la récolte a bien progressé au cours de la semaine dernière (60 % réalisés au 24 octobre contre 39 % le 17 octobre), mais elle reste en retard par rapport à celle de l’an dernier (69 %). La baisse des rendements par rapport à l’an dernier se confirme avec la progression des moissonneuses. Par ailleurs, la logistique reste très compliquée sur le Rhin et le Danube, empêchant ainsi les maïs hongrois (dont les rendements atteignent des records cette année) de s’exporter vers les autres pays de l’UE.

Dans l’UE, la récolte progresse et les échos qualitatifs ne sont pas toujours positifs avec des problèmes récurrents de teneurs élevées en mycotoxines. À cela s’ajoutent des achats de couverture des opérateurs, rendant ainsi la période de soudure entre les deux campagnes de maïs tendue. Cela tire donc les prix à la hausse. Sur le marché mondial, la fermeté est de mise, les maïs US gagnant 2 $/t (à 170 $/t Fob) alors que les maïs ukrainiens se stabilisent à 172 $/t. Dans les semaines à venir, les prix pourraient rester soutenus par les achats de couverture et les difficultés logistiques, ensuite la lourdeur du bilan mondial devrait entraîner les prix à la baisse.

Oléagineux : la hausse du soja se poursuit et entraîne les prix européens dans son sillage

Les cours du soja à Chicago sont cette semaine en hausse assez marquée, gagnant environ 14 $/t sur l’échéance de décembre du marché à terme. Les ventes à l’exportation des USA continuent d’être élevées. Cette hausse des prix, tirée par la demande mondiale, est toutefois contrebalancée par un très bon rythme de semis au Brésil (environ 30 % de semés, soit l’équivalent de 15 jours d’avance par rapport à la normale). Les cours sont aussi soutenus par une hausse des prix de l’huile de soja, dans le sillage de l’huile de palme (des craintes sur les niveaux de production en octobre font remonter les cours de l’huile tropicale).

La récolte semble quasi bloquée au Canada, mais les cours du canola ont intégré ce fait, et les prix à Winnipeg ne gagnent qu’environ 2 $/t cette semaine. Au Saskatchewan, les opérations ont très peu avancé sur la semaine du 18 au 24 octobre, avec une récolte effectuée à 80 % (+2 % cette semaine). Les conditions s’améliorent doucement, et les opérations devraient reprendre pour tenter de récupérer une partie des 4 millions de tonnes qui sont encore aux champs. En France, la hausse des prix se poursuit cette semaine. Le colza rendu Rouen gagne 3 €/t, et le colza Fob Moselle, 2 €/t ; sur Euronext (marché à terme), la cotation du colza de novembre 2016 augmente de 3,75 €/t. La forte hausse du prix des huiles la semaine dernière avait fait monter les marges de trituration, réveillant la demande et soutenant les cours.

Les graines de tournesol à Saint-Nazaire sont cotées à 370 €/t, en hausse donc de 7,5 €/t cette semaine. Les cours sont soutenus là aussi par une remontée des marges de trituration ces derniers jours, dans le sillage des huiles (même si la hausse du prix de l’huile de tournesol est modérée par de fortes disponibilités mondiales).

Protéagineux et tourteaux : encore un regain pour les prix

Les prix du tourteau de soja poursuivent leur remontée cette semaine, soutenus par les graines. Ils gagnent ainsi 25 $/t à Chicago, et remontent plus modérément à Montoir (+14 €/t sur le rapproché), malgré une légère baisse de l’euro face au dollar. Les pois fourragers ne sont pas cotés cette semaine.

À SUIVRE : qualité des récoltes de blé en Argentine et au Canada, rythme d’achat en blé de l’Égypte, taux de change euro/dollar, niveau des eaux sur le Rhin et le Danube.

Tallage
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé en léger repli sur Euronext

Les marchés restent volatils, avec les incertitudes liées à la situation géopolitique sur le bassin de la mer Noire et les conditions climatiques.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza progresse sur Euronext

Les cours sont en hausse à l’ouverture d’Euronext ce vendredi 20 mai 2022, après avoir clôturé la veille à la baisse, faisant suite à la levée de l’embargo Indonésien sur les exportations d’huile de palme.