L'AGPB (Association générale des producteurs de blé) a indiqué mardi qu'à la suite des intempéries de l'été et des problèmes de qualité, le revenu moyen des céréaliers en 2014 devrait tomber en dessous de celui de 2009, du jamais-vu. (visionnez l'interview du président de l'AGPB)

« Le revenu courant avant impôt et cotisations sociales serait d'environ 6.000 euros, moins bien que les 9.800 euros de 2009, chiffre le plus bas connu dans le passé », estime le syndicat spécialisé. Ce chiffre prend en compte un prix du blé au producteur de 140 €/t (sur la base de 60 à 65 % de blé panifiable à 155 €/t et du solde en blé fourrager payé autour de 120 €/t), un niveau de charges en baisse de 40 €/ha et une diminution de 30 €/ha des paiements directs.

« Ce chiffre est une moyenne, mais certains agriculteurs ont un volume de collecte en baisse et un taux de germination important, annonce Philippe Pinta. En blé, certains vont avoir un chiffre d'affaires divisé par deux. »

Dans ce contexte de « trésorerie exsangue », l'AGPB a demandé aux banques, notamment le Crédit agricole, d'être « bienveillantes avec les céréaliers ».L'organisation souhaite aussi que les pouvoirs publics accompagnent « la filière dans ses initiatives ». Lors de la rencontre le 10 septembre dernier entre l'AGPB, l'AGPM, la Fop, les organismes stockeurs, FranceAgriMer et Xavier Beulin, « Stéphane Le Foll a entendu et compris la situation des céréaliers français », selon Philippe Pinta.

L'AGPB a ainsi réitéré sa demande pour le versement anticipé des aides Pac au 16 octobre pour tous les producteurs. Et afin de prendre en compte les zones les plus fragiles, l'AGPB demande la finalisation « sur des bases aménagées de la mesure agroenvironnementale “zones intermédiaires”. »

Le syndicat réclame par ailleurs l'aménagement du dispositif de déduction pour aléas (DPA) dans le cadre du projet de loi de finances pour 2015, ainsi que le « développement volontaire de l'assurance climatique en céréales ». « Il faut lever les contraintes liées à la DPA pour inciter les agriculteurs à aller vers l'autoassurance et faire face à la volatilité », estime le président de l'AGPB .

Autre demande : la relance « d'une nouvelle tranche du plan silos avec la possibilité d'installer de nouvelles capacités en zone agricole.

I.E.