« La France va retrouver cette année son leadership européen à l’exportation », a annoncé Michel Portier, directeur général d’Agritel, lors d’un point de presse jeudi 31 août. Alors qu’en raison de la faible récolte de 2016 l’Allemagne était passée premier exportateur européen, nous devrions retrouver notre place au premier rang cette année. Selon Agritel, entre 18 et 19 millions de tonnes (Mt) de blé tendre seront disponibles à l’exportation, sur une récolte de 2017 de 36,78 Mt.

Qualité et protéines au rendez-vous

De plus, l’offre française dispose cette année d’un avantage qualitatif apprécié par les meuniers : 72 % des blés ont un taux de protéines supérieur à 12 % et 73 % ont un pois spécifique supérieur à 76 kg/hl. Face à une offre mondiale présentant des taux de protéines relativement faibles, la France a une carte à jouer à la fois pour reconquérir ses marchés traditionnels, mais aussi pour saisir des opportunités vers des débouchés habituellement couverts par l’Allemagne (Afrique de l’Est, Arabie Saoudite…). La récolte allemande est en effet décevante, faisant suite à un excès de précipitations qui a altéré la moisson tant en qualité qu’en quantité.

« La France a une bonne dynamique d’exportation sur l’Union européenne depuis le mois de mai », a indiqué Alexandre Boy, analyste chez Agritel. Près de 850 000 tonnes de blé tendre ont ainsi été exportées en mai, et 950 000 tonnes en juin. Hors UE, c’est l’Algérie qui reçoit pour l’instant la majorité des exportations françaises, avec 100 % de parts de marchés sur juillet et août.

La situation reste difficile pour les céréaliers

« Malgré cela, le contexte reste difficile pour les céréaliers français car les cours actuels du blé sont inférieurs au seuil de commercialisation, a alerté Michel Portier. En moyenne, il manque 200 €/ha aux céréaliers, dont les trésoreries sont déjà dégradées ». Deux raisons principales expliquent la chute des cours : le renforcement de l’euro face au dollar et la récolte record en Russie. Celle-ci est estimée à plus de 80 Mt, bien au-delà des estimations, avec des rendements en hausse de 50 % par rapport à la moyenne de 2000 à 2015.

« Pour espérer un rebond des prix, il faudra attendre de voir comment se passe l’hiver russe, en fonction de la logistique d’acheminement des grains vers les ports », a conclu Alexandre Boy.

A.M.
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Le blé se détend un peu

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