C’est une remontée du prix des céréales à paille qui caractérise le marché français cette semaine : le blé gagne entre 2 et 4 €/t pour se positionner à 162 €/t rendu Rouen en qualité meunière et 147 €/t en qualité fourragère. Sur Euronext, l’échéance décembre a gagné 3,25 €/t (à 161,25 €/t à la clôture du 13 octobre) et l’échéance mars s’est appréciée aussi (+1,5 €/t à 166,5 €/t).

L’orge fourragère a profité de la même évolution et dépasse aujourd’hui le niveau de 133 €/t rendu Rouen (+3,75 €/t par rapport la semaine dernière). Les orges brassicoles, elles, n’ont pas vu leur prix grimper. Elles ont même perdu 1 €/t en hiver (à 163 €/t Fob Creil) alors que les prix des orges brassicoles de printemps sont restés stables (à 183 €/t Fob Creil).

Cette hausse des prix du blé et des orges fourragères en euros s’explique largement par la chute du taux de change euro/dollar (1,10 aujourd’hui contre 1,12 la semaine dernière). En orge, les prix français en dollar sur le marché mondial restent stables à 152 $/t, très proches des valeurs russes et ukrainiennes qui n’ont quasi pas bougé depuis un mois et demi. Néanmoins, à cause d’un désavantage de fret par rapport à ces origines, les orges fourragères françaises restent un peu trop chères pour susciter un intérêt à l’exportation (sans compter la prudence des importateurs liée au très bas poids spécifiques français cette année).

Sur le marché mondial du blé, contrairement à celui de l’orge, on a observé un petit soubresaut cette semaine : les prix meuniers russes ont gagné 5 $/t, les blés fourragers ukrainiens 1 $/t et les blés US affichent une hausse de 4 $/t. Les blés français ont suivi avec un petit regain de 1 à 2 $/t. Plusieurs éléments en toile de fond derrière ce mouvement : des achats ou appels d’offres cette semaine de la part de plusieurs gros pays importateurs, l’Algérie pour environ 450 000 t en origine optionnelle, l’Égypte pour 180 000 t (origine russe et roumaine) et l’Arabie Saoudite pour 595 000 t en origine optionnelle, sans compter des achats importants de l’Asie en blé US, canadien et probablement australien. La Syrie, enfin, aurait acheté 1 million de tonnes de blé russe mais cet achat est démenti par la plupart des opérateurs russes, ce qui suggère de considérer cette affaire avec beaucoup de prudence.

Par ailleurs, faisant suite à ces achats élevés, les fonds d’investissement ont couvert des positions « short » (vendeuses) et cela a contribué aussi à la hausse. Enfin, les pluies récentes au Canada et en Australie inquiètent les opérateurs quant à la qualité des blés de ces pays et cela soutient aussi le prix des blés meuniers sur le marché mondial tout comme la remontée de la valeur du rouble face au dollar.

Malgré ce sursaut, les stocks mondiaux restent élevés, et notamment les stocks russes et US et la publication, cette semaine, du rapport WASDE (offre et demande) de l’USDA est venu le confirmer.

En maïs, en revanche, les prix se sont affaissés sur le marché français avec la progression – lente toutefois – des opérations de récolte. Les prix ont perdu entre 1 et 2 €/t, à 152 €/t Fob Rhin par exemple. Au 10 octobre, la récolte était avancée à 23 % (contre 10 % au 3 octobre) mais elle reste en retard par rapport aux 33 % de l’an dernier à la même date. Cette évolution française contraste plutôt avec l’évolution mondiale : les prix des USA, de l’Ukraine et de l’Amérique du Sud ont grimpé cette semaine avec une petite révision à la baisse par l’USDA de la récolte US et quelques difficultés logistique en Ukraine.

Il est à noter que l’UE est sur le point d’entériner un accroissement des quantités de céréales ukrainiennes qui peuvent entrer dans l’UE à droit nul. En blé l’augmentation ne serait que de +100 000 tonnes, mais elle atteindrait +350 000 tonnes en orge et +650 000 tonnes en maïs.

Oléagineux : le colza se reprend, le soja et les tourteaux s’affaissent

Le retard pris dans les opérations de récolte du canola au Canada s’accumule. En effet, la neige et la pluie retardent pour la deuxième semaine consécutive le ramassage des andains et fait craindre des dégradations qualitatives. Cela a entraîné à la hausse les prix des deux côtés de l’Atlantique. Sur le marché à terme canadien, le canola grimpe de 8 $ (US)/t.

En France, avec une situation qui s’annonce très tendue cette année, les prix réagissent tant sur le marché physique que sur Euronext. Le colza rendu Rouen gagne 6 €/t cette semaine, le colza Fob Moselle monte encore plus (+9 €/t) et la cotation du colza novembre 2016 augmente de 10,50 €/t par rapport à la semaine dernière.

La récolte de canola n’était faite qu’à 77 % dans le Saskatchewan au lundi 10 octobre. Les précipitations ont atteint 40 à 90 mm durant la quinzaine selon les régions de cette province. Tout l’Ouest canadien par ailleurs est concerné, puisqu’entre le 1er et le 10 octobre les précipitations y ont dépassé 2 fois la norme. Toutefois, les précipitations et températures devraient retrouver des normales saisonnières au cours de la semaine prochaine, et cela devrait tempérer les craintes de pertes de récolte.

En ce qui concerne le soja, le nouveau rapport de l’USDA sur l’offre et la demande n’a finalement eu que peu d’impact sur les prix. Bien que le département américain ait revu la récolte US de soja en hausse à un niveau record (à un peu plus de 116 millions de tonnes), les prix n’ont que peu réagi. En effet, la nouvelle d’une récolte exceptionnelle était déjà connue des marchés. Le chiffre publié est en fait en dessous des estimations de la plupart des opérateurs. Les prix sont donc restés stables sur la semaine, à 351 $/t (–1 $/t).

Au Brésil, les semis de soja continuent dans des conditions normales pour les grands États producteurs que sont le Mato Grosso et le Mato Grosso do Sul. En revanche, le temps est resté sec durant la première décade d’octobre dans le nord-est et dans le sud du pays. La situation doit être surveillée de près dans ces régions, car cela pourrait devenir préoccupant si cette sécheresse durait.

Les prix du tournesol décrochent légèrement cette semaine, à Saint-Nazaire (–2,50 €/t). La récolte progresse en mer Noire, et confirme toujours d’excellents rendements. La récolte de tournesol était faite à 75 % en Ukraine au 10 octobre, et à 40 % au 3 octobre.

Protéagineux et tourteaux : léger recul des cours

Les prix du tourteau de soja reculent par rapport à la semaine dernière, tirés à la baisse par la confirmation de l’excellente récolte de soja des États-Unis. Ils perdent ainsi 2,5 $/t à Chicago, et 4 €/t à Montoir sur le rapproché et cela malgré le nouveau recul de l’euro face au dollar). Les pois fourragers ont regagné 5 €/t en départ Marne à 220 €/t, tirés par les faibles disponibilités.

À SUIVRE : valeur de l’euro par rapport au dollar, compétition des grandes origines exportatrices entre elles (USA et mer Noire notamment), qualité des blés canadiens et australiens, avancée des récoltes de soja, colza et maïs en Amérique du Nord, et de tournesol en mer Noire, semis de soja au Brésil.

Tallage
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.