« À 5h30 ce matin, les premiers agriculteurs étaient là, se félicite Patrick Franken, président de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne. Ce sont plus de 300 agriculteurs qui ont répondu à l’appel du syndicat ce mercredi 23 janvier, pour défendre le projet du lac de Caussade.

« Ça s’est fait de manière pacifique », souligne Patrick Franken. Une vingtaine de gendarmes, venus déposer des scellés sur les tracteurs, les pelleteuses et les tombereaux, ont vite reculé devant le nombre de producteurs présents sur le site. « Notre présence a suffi à les dissuader », assure Patrick Franken.

Bientôt la fin

« L’ouvrage est presque terminé, se réjouit Patrick Franken, plus qu’une quinzaine jours de travail. » Les travaux, commencés au début du mois de novembre, ont été ralentis par la pluie. La chambre d’agriculture et le syndicat espèrent tout de même le voir terminé pour le mois de février. « Dès qu’il fait beau, les choses iront assez vite. »

Les représentants de la Coordination rurale et de la chambre ont conscience des problèmes légaux que pourrait leur attirer cette opération. « On sera bien rattrapés par la patrouille un jour, regrette Patrick Franken. Pour nous, ce sont de toute façon les ministres eux-mêmes qui ont lancé cette phase d’illégalité, en invalidant notre dossier qui avait reçu l’accord de la préfecture ».

Soutien politique affirmé

En cette période d’élection, les autres syndicats n’ont pas été directement invités à participer à l’action du 23 janvier. « Tout le monde a voté le projet à la chambre, rappelle Patrick Franken, mais les autres ne veulent pas apporter leur soutien à des actions illégales. »

Du côté politique, l’approbation semble plus nette. « Les maires locaux nous appuient, tout comme les sénateurs, et trois députés », relève Patrick Franken. Des alliés de poids qui pèsent dans les échanges difficiles qui se poursuivent avec les associations, comme FNE et la Sepanso.

« Les aspects techniques ne les intéressent même pas, regrette Patrick Franken. Ils sont contre ce projet, c’est tout. C’est une position idéologique. » Les agriculteurs se disent cependant prêts à recevoir les représentants des associations sur le site pour échanger.

Ivan Logvenoff