Le groupe de distribution Carrefour va expérimenter l'utilisation du bio-méthane carburant en mettant en circulation trois camions de livraison alimentés à partir de bio-déchets issus de ses hypermarchés, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué.

Ce dispositif, dans lequel chaque camion utilisera une « énergie verte 100 % renouvelable » et avec un « bilan carbone neutre », va être testé dans le Nord pour la livraison d'une dizaine d'hypermarchés Carrefour. L'opération se fera en partenariat avec GNVert, filiale de GDF Suez, ainsi qu'avec le transporteur Perrenot et le constructeur Iveco.

Concrètement, Carrefour va mettre en place un recyclage des bio-déchets (fruits et légumes, végétaux, pâtisserie, déchets carnés...) dans ses hypermarchés, afin qu'ils soient ensuite traités dans une usine de méthanisation. « Cette méthanisation permet la production d'un biogaz qui, à son tour, est épuré et transformé en bio-méthane carburant » et servira ensuite à alimenter les camions de livraison de marchandises du distributeur, indique le communiqué.

Ces premiers véhicules en autosuffisance énergétique, qui, selon Carrefour, auront une autonomie de près de 400 kilomètres, seront mis en circulation « dès la publication du décret modificatif » sur l'utilisation des biocarburants, c'est à dire « sans doute avant la fin de l'année », précise le groupe. Carrefour envisage ensuite un « déploiement plus complet du dispositif ».

Aujourd'hui, plusieurs milliers de véhicules en France, dont une importante proportion de bus, roulent déjà au gaz naturel véhicule (GNV). Mais l'utilisation d'un bio-méthane obtenu à partir de déchets agricoles ou ménagers - et donc neutre en émissions de CO2 - commence seulement à émerger.

Le 23 octobre dernier, une première station-service vendant du gaz carburant renouvelable pour véhicules, obtenu à partir de déchets, a été inaugurée à Morsbach (Moselle).