Les députés européens ont adopté (468 voix pour, 134 voix contre et 54 abstentions), ce mercredi 8 juin 2011, le rapport de l'Espagnol Salvador Garriga Polledo (PPE, droite) sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, qui fixe les plafonds annuels de dépenses.

Ils estiment les besoins de l'UE sur la période à 960 milliards d'euros, en hausse de 5 % par rapport au CFP 2007-2013. Ce faisant, ils prennent le contre-pied de cinq Etats membres (1) qui réclament une évolution inférieure à l'inflation. Les eurodéputés font valoir que les dépenses communautaires ne représentent qu'environ 1 % du produit brut de l'UE et que celle-ci doit préparer l'avenir, ainsi qu'elle s'y est engagée, l'an passé, en adoptant sa « Stratégie Europe 2020 » (2).

Le Parlement européen réaffirme son attachement aux deux piliers de la Pac, ainsi que l'avait fait, à la fin de mai, sa commission de l'agriculture en adoptant le rapport Dess. Il revendique un maintien des dépenses agricoles au minimum à leur niveau de 2013, dans le cadre d'une prochaine Pac qui devra être en phase avec les « attentes de la société » et prévoir « une distribution équitable des paiements directs entre les Etats membres, les régions et les agriculteurs ». L'UE, est-il encore demandé, devra abandonner les subventions à l'exportation pour les produits agricoles.

Tout comme la Commission, le Parlement européen se montre critique à l'égard du système de financement actuel de l'UE et recommande de bâtir un système de « ressources propres » qui devra être « plus juste, plus transparent, plus simple, plus équitable ». Il préconise ainsi une taxe de l'UE sur les transactions financières et une taxe sur l'énergie, deux instruments acceptables pour le PPE, a confié son président, le Français Joseph Daul (par ailleurs ancien président de la Fédération nationale bovine). Les eurodéputés ont en outre voté en faveur de la suppression du chèque britannique et de tous les types de rabais accordés aux Etats membres, notamment celui dont bénéficie le Danemark.

Les élus ont rejeté un amendement réclamant la suppression de l'un des deux sièges du Parlement européen – Strasbourg ou Bruxelles – pour faire des économies. Une partie des élus milite pour supprimer celui de Strasbourg.

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(1) France, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas et Finlande.

(2) La « Stratégie Europe 2020 », adoptée en mars 2010 par le Conseil européen (chefs d'Etats et de gouvernements), poursuit un triple objectif (compétitivité, croissance et convergence des économies européennes) qu'elle décline selon cinq priorités d'action : l'emploi, l'innovation, la lutte contre le changement climatique, l'éducation, la réduction de la pauvreté.

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B.Co.