Le gouvernement s'engage à financer à hauteur de 18,5 millions d'euros (M€) l'enveloppe dédiée à la politique d'installation pour 2015. Et de 17,5 M€ les années suivantes. L'annonce est tombée le mercredi 26 novembre 2014, à la suite du comité national pour l'installation et la transmission en agriculture (CNIT) qui s'est tenu à Paris.

Le président de Jeunes Agriculteurs (JA), Thomas Diemer, s'est rapidement félicité de cette mesure. Et pour cause : le budget prévisionnel pour 2015, présenté par le gouvernement en octobre dernier, ne prévoyait qu'un montant de 14,5 M€ (12 M€ issus de la taxe sur les terrains nus rendus constructibles + 2,5 M€ de la poche de l'Etat).

Principaux bénéficiaires de cet effort : les points accueil installation (PAI, ex-Points info), à hauteur de 3 M€, et le suivi postinstallation, axe fort de la rénovation du parcours d'obtention des aides publiques.

   

Il est à noter que la principale source de financement de cette enveloppe – la taxe sur les terrains nus rendus constructibles – n'est pas remise en cause, malgré une pérennité incertaine. Il reste qu'un engagement est un engagement : « Le ministre nous a assuré qu'il y aurait, quoi qu'il advienne, des arbitrages pour maintenir l'enveloppe à niveau », a confié Thomas Diemer.

Autre annonce d'importance : une réflexion sera lancée au début de 2015 « pour étudier les évolutions souhaitables du dispositif de prêts bonifiés ». Un travail réclamé depuis plusieurs mois par JA, qui s'inquiète de ce que les bonifications ne sont pas calées sur les taux du marché. « Il faut veiller à préserver l'attractivité de cet outil », a prévenu Thomas Diemer. Les évolutions promises pourraient être applicables dès 2016. Pour 2015, les prêts seront octroyés « selon les modalités de bonification existant actuellement », a précisé le ministère.

Le coup de pouce gouvernemental arrive à point nommé au regard des dernières statistiques de la MSA, tombées la semaine dernière : malgré une hausse de 6 % des installations en agriculture entre 2012 et 2013, le taux de remplacement des départs à la retraite a chuté de plus de dix point, pour s'établir à 76,7 %.

Alain Cardinaux