Les échanges agroalimentaires avec le Royaume-Uni représentent un excédent de 3 milliards d’euros et 10 % des exportations françaises. C’est ce qu’indique une synthèse de FranceAgriMer, publiée le 25 juillet 2016 dans la perspective du Brexit et de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Ce phénomène fait redouter la perte de marchés et de compétitivité pour la France du fait de l’instauration de barrières douanières. Il est également à craindre que les produits anglais soient plus compétitifs sur les marchés français en cas de dépréciation de la livre sterling.

Les boissons et liquides alcooliques sont le premier poste de la balance commerciale agroalimentaire. Ils représentent près de 1,2 milliard d’euros d’excédent. Seule l’importation de whisky écossais vient contrebalancer les envois de vins tranquilles et mousseux depuis la France. Cependant, les effets du Brexit ne semblent pas les plus à craindre sur ce secteur de produits majoritairement onéreux.

Un enjeu sur les produits laitiers

Les exportations françaises de produits laitiers vers le Royaume-Uni représentent plus de 600 millions d’euros (M€). Le solde commercial s’établit lui à 100 M€. Les Anglais achètent 10,8 % des exportations françaises de fromages et de poudres grasses et 9,5 % de celles de beurre. « Ce pays est donc un débouché clé pour certains produits laitiers français », indique FranceAgriMer. L’organisme s’interroge sur une moins bonne fluidité des échanges qui pourrait pousser le Royaume-Uni à se tourner vers d’autres fournisseurs en cas d’évolution des taux de change.

Comme pour les produits laitiers, les exportations de céréales de la France vers le Royaume-Uni sont excédentaires. La sortie de l’UE du Royaume-Uni poserait question principalement pour le maïs. En 2015, plus de 500 000 tonnes de cette production ont été exportées outre Manche.

La France a exporté, en 2015, 190 M€ de fruits vers le Royaume-Uni et n’en a importés que 29 M€. La majorité des exportations concernent les pommes. 24 % de cette production française part vers l’Angleterre. Le constat est le même pour les légumes. L’excédent commercial de ce secteur se chiffre à 111 M€.

En viande ovine et bovine, la balance commerciale de la France avec le Royaume-Uni est déficitaire. À l’inverse, elle est favorable pour la viande porcine. Les Anglais sont les deuxièmes clients européens pour la viande de porc française. Les exportations de volailles représentent, quant à elles, 110 M€.

T.D.