Alors que Theresa May, Premier ministre britannique, a annoncé sa démission le 24 mai dernier, un nom revient sur le devant de la scène pour lui succéder : celui de Boris Johnson. Conservateur et fervent défenseur du Brexit, son éventuelle élection dans les prochaines semaines inquiète la filière agricole européenne. Le scénario d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord deviendrait alors le plus probable.

Impact sur les Régions

Le « pire » scénario, celui d’une sortie des Britanniques de l’Union européenne sans accord a été chiffrée. Selon l’APCA, la perte serait de l’ordre de 500 millions d’euros pour les filières agricole et agroalimentaire. Certaines Régions seront impactées de manière plus importante. Les Hauts-de-France pourraient subir une perte de presque 90 millions d’euros, notamment sur les produits issus du travail du grain.

Viennent ensuite les Régions Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine, qui pourraient perdre de l’ordre de 65 à 67 millions d’euros, notamment pour le secteur des vins et spiritueux. Ce dernier secteur, toutes régions confondues, pourrait être le plus impacté. « 40 % des 500 millions de pertes prévisibles », a assuré Thierry Pouch, économiste auprès de l’APCA.

Parité monétaire et comportement des consommateurs

« Le Royaume-Uni est le troisième client de la France. L’impact du Brexit dépendra des futures négociations, mais également de la parité monétaire, qu’il y ait accord ou non et du comportement des consommateurs anglais, si le prix des produits alimentaires augmente », explique Thierry Pouch.

700 douaniers supplémentaires

Si le scénario d’une sortie sans accord se produit, « le Royaume-Uni deviendra un pays tiers. La liberté de circulation n’existera plus et des droits de douane s’appliqueront aux frontières, explique Christine Dubois, de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI). Nous nous sommes préparés et avons fait le pari que le “no deal” serait le scénario choisi. Nous avons donc recruté 700 agents douaniers en plus. »

Concurrence entre pays de l’Union européenne

Certaines filières ont déjà chiffré les conséquences du Brexit avec un « no deal ». Pour Didier Delzescaux, directeur d’Inaporc, « la mise en place de taxe pourrait coûter 4 millions d’euros à la filière porcine européenne ». Bérenger Guyonner, directeur des affaires publiques et des relations extérieures de chez Sodiaal, a insisté sur « le risque d’une concurrence accrue entre pays membres de l’Union européenne qui rencontreraient des difficultés à écouler leurs marchandises ».

Beaucoup d’incertitudes

« Si l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne est très incertain, la Commission européenne s’est également préparée à intervenir en cas de perturbation des marchés… dans la limite du budget », a affirmé Fabien Santini, de la Direction générale agricole de la Commission.

B. Quantinet