Les 27 pays de l’Union européenne ont accepté le 28 octobre 2019 de reporter la date butoir du Brexit au 31 janvier 2020. Ce troisième report est « peut-être le dernier », a indiqué Donald Tusk, président du Conseil européen, qui doit quitter ses fonctions à la fin du mois. Il a demandé aux Britanniques de faire « bon usage de ce délai supplémentaire ».

Élections anticipées le 12 décembre 2019.

Les parlementaires d’outre-Manche n’ont pas attendu longtemps pour décider d’utiliser ce laps de temps supplémentaire pour organiser des élections législatives anticipées. Un souhait du Premier ministre, Boris Johnson, qui espère ainsi obtenir une majorité nécessaire pour mener à bien la sortie de son pays de l’UE. L’élection aura lieu le 12 décembre prochain.

Nous étions prêts pour un Brexit au 31 octobreJean-Michel Thillier, direction générale des douanes

Trois années se sont écoulées depuis le référendum britannique en faveur du Brexit. Trois années que la France tente de préparer au mieux ses futures relations avec le Royaume-Uni, en envisageant le pire des scénarios : un Brexit dur et le retour d’une frontière douanière.

« Nous avons recruté, formé et déployé 600 agents douaniers sur le territoire. Il en reste une centaine à recruter », a expliqué Jean-Michel Thillier, directeur adjoint de la direction générale des douanes et des droits indirects, lors d’une table ronde organisée par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 29 octobre 2019. « Nous étions prêts pour un Brexit au 31 octobre. »

Plusieurs millions d’euros pour adapter les ports français

La région des Hauts de France est la plus concernée par la gestion des échanges commerciaux entre la France et le Royaume-Uni (80 à 85 % des ferrys qui relient les deux pays).

D’importants investissements ont été réalisés dans les ports de la région, pour satisfaire aux exigences d’éventuels contrôles à venir. « 6 millions d’euros à Calais, 2 millions d’euros à Dunkerque », précise Jean-Pierre Chalus, directeur général des ports de France.

Facture salée

L’agroalimentaire ferait partie des filières les plus impactées par un Brexit dur, qui occasionnerait une augmentation importante des contrôles sanitaires et d’hygiène des aliments faisant l’objet d’échanges entre les deux pays.

Est-ce que ces investissements entrepris par l’État et les acteurs portuaires seront finalement nécessaires ? Tout dépendra de la forme que prendra le divorce entre le Royaume-Uni et l’UE. Si un accord de libre-échange est trouvé et que les contrôles aux frontières ne sont finalement pas nécessaires, ceux qui auront le plus anticipé un scénario catastrophe paieront une facture salée.

B. Quantinet

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