Le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son feu vert, mercredi 5 février 2020, à un projet de loi visant à autoriser notamment l’exploitation minière et agricole sur les territoires réservés aux indigènes.

Le nouveau texte, qui n’a pas encore été rendu public, sera soumis prochainement au vote du Congrès. « J’espère que ce rêve va se concrétiser », a déclaré le chef de l’État lors d’une cérémonie officielle à Brasilia lors de laquelle il a apposé sa signature sur le projet de loi rédigé par le gouvernement.

Un « projet de génocide, ethnocide et écocide »

« Les indigènes sont des êtres humains comme nous, ils ont un cœur, des sentiments, des désirs, et des nécessités. Ils sont aussi Brésiliens que nous », a-t-il poursuivi. À l’issue d’une grande réunion d’une semaine au Mato Grosso (ouest) à la mi-janvier, plusieurs centaines de leaders indigènes avaient dénoncé dans un manifeste un « projet de génocide, ethnocide et écocide ».

Le projet de loi prévoit de réguler une série d’activités économiques sur les territoires indigènes, autorisant ainsi l’exploration minière ou pétrolière, les barrages hydroélectriques ou l’agriculture. La législation actuelle interdit toute exploration minière ou exploitation agricole non traditionnelle. Si le projet de loi est approuvé, ces activités pourront être pratiquées par les indigènes eux-mêmes, ou des personnes venues de l’extérieur, sous réserve d’une autorisation des communautés autochtones.

Une des promesses de campagne

L’ouverture aux activités économiques des terres indigènes faisait partie des promesses de campagne du président d’extrême droite, ce qui a accru ces derniers mois, selon des représentants de ces communautés indigènes et d’ONG, la violence et la pression des entreprises minières et d’exploitation du bois en Amazonie. « Ce grand pas en avant dépend du Parlement, qui va subir des pressions des écologistes. Si je pouvais, j’aimerais confiner ces écologistes au beau milieu de l’Amazonie […] pour qu’ils arrêtent d’embêter les peuples amazoniens depuis la ville », a ironisé Jair Bolsonaro.

Cette politique environnementale menace leur mode de vie

Le projet est défendu de longue date par le président d’extrême droite, qui a déclaré à plusieurs reprises que les restrictions aux activités minières et agricoles dans leurs territoires condamnaient les indigènes à être « confinés comme dans un zoo ».

Le gouvernement dit avoir le soutien de nombreux leaders indigènes. Mais de nombreux caciques comme l’emblématique Raoni Metuktire n’ont cessé de critiquer cette politique environnementale qui menace, selon eux, leur mode de vie traditionnel, mais aussi l’équilibre écologique de toute la planète.

AFP