Lors d'un déjeuner avec la presse, Bruno Le Maire n'a pas mâché ses mots pour commenter la demande réitérée par des syndicats d'obtenir un report d'annuités en fin de tableau, autrement dit une « année blanche ».

« Les syndicats ne rendent pas service aux éleveurs en faisant croire que je pourrais trouver 500 millions d'euros alors qu'il y a un certain nombre d'efforts à fournir dans la filière. Tous les responsables professionnels qui ont mis leur énergie dans cette bataille font fausse route », a énoncé le ministre de l'Agriculture avec une pointe d'agacement.

« L'année blanche ce n'est pas la solution, c'est du populisme et c'est un risque majeur », a-t-il ajouté. « Sur l'élevage, je commence à trouver que la coupe est pleine. »

Le ministre a notamment mis en parallèle les marchés à l'exportation ouverts grâce à l'Etat (Russie, Turquie, Kazakhstan) et les atermoiements du GIE d'exportation, faute d'entente au sein de la filière bovine. « Il sera créé [le GIE] avec ceux qui accepteront de signer et une date formelle va être fixée », a-t-il martelé, « parce qu'il faut aller chercher de la richesse là où elle se trouve », regrettant au passage le manque d'entrain du groupe Bigard, principal industriel du secteur.

Concernant les contrats, un des axes forts de sa politique, Bruno Le Maire a estimé que le temps joue en leur faveur et qu'ils finiront par s'imposer, y compris dans le secteur de l'élevage bovin.

Dans la foulée de l'annonce faite vendredi dernier par Nicolas Sarkozy lors de l'événement « Terres à l'envers », organisé par les Jeunes Agriculteurs, le ministre a précisé que des aménagements de charges sur l'emploi permanent devraient devenir effectifs au 1er janvier 2012. Ce qui représenterait un coût de 250 à 300 millions d'euros pour gagner 1 euro de compétitivité par heure et permettre de se rapprocher ainsi du coût du travail en Allemagne.

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E.M.