En 2015, le troupeau allaitant de l’Union européenne a gagné 250 000 têtes. Tel est le constat de la Commission européenne dans ses perspectives pour l’agriculture, publiées ce 8 mars 2016. La production de viande bovine augmente, quant à elle, de 2,2 % en glissement annuel. En 2016, elle pourrait encore augmenter de 2 %, avant de se stabiliser en 2017.

Les exportations de bovins vivants bondissent de près de 60 % en 2015, principalement grâce à la réouverture du marché turc. Ce dernier reste, avec le Liban, l’un des principaux acheteurs. Vient ensuite la Libye, suivie par Israël, qui a élargi ses importations européennes dans la seconde moitié de l’année. La fièvre catarrhale ovine en France a perturbé le commerce. De plus, en Turquie, les exploitations d’engraissement se développent, ce qui à terme devrait peser sur ses importations de bovins vivants. Celles-ci pourraient reculer de 10 % en 2016 et de 18 % en 2017.

Du côté de la viande, les exportations ont légèrement augmenté, de 0,5 %, en 2015. La perte du débouché russe, qui représentait environ 35 500 tonnes en 2014, a pu être partiellement compensée par l’ouverture de nouveaux débouchés tels que la Norvège, les Balkans, l’Égypte, l’Algérie, le Gabon et le Vietnam. Quant à la Turquie, elle a accordé un contingent de 30 000 tonnes de viande bovine à l’Union européenne, opportunité dont s’est saisie la Pologne.

En 2015, les importations de viande ont diminué de près de 3 %. Les principaux fournisseurs restent le Brésil, la Nouvelle-Zélande et l’Argentine… En pleine décapitalisation, l’Australie a vendu davantage de bœuf sur les marchés mondiaux. À l’inverse, les États-Unis entrent dans une phase de recapitalisation, induisant une pénurie de l’offre à court terme, et une augmentation probable de la production à plus long terme. En 2016, les importations de l’Union européenne devraient gagner 1,5 %, puis 4,5 % en 2017.

Hélène Chaligne