La mobilisation de la biomasse forestière « doit s'accélérer », estime l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui avance trois propositions : lutter contre le morcellement de la propriété, améliorer la concertation au sein de la filière du bois, améliorer la rentabilité de l'exploitation forestière.

Dans un communiqué diffusé vendredi, l'Ademe constate qu'« un peu plus de la moitié de la production annuelle de bois de l'ensemble des forêts françaises est aujourd'hui récoltée. Le potentiel est là et le défi consiste donc à mieux le mobiliser en récoltant davantage de bois, dans des zones qui aujourd'hui sont peu ou pas exploitées en raison de contraintes techniques (forêt peu accessible), économiques (manque d'infrastructures), ou par manque d'intérêt des propriétaires pour la gestion de leur patrimoine forestier. Une large part du domaine forestier appartient en effet à de nombreux propriétaires privés et si 81 % d'entre eux sont convaincus de la nécessité d'entretenir et renouveler leur parcelle de forêt, seuls 34 % réinvestissent vraiment dans leur bois ».

Selon l'Ademe, « dans les conditions technico-économiques actuelles, 3,9 millions de TEP (tonnes en équivalent pétrole) de biomasse forestière pourraient être mobilisées par an de manière économiquement rentable ». Pour ce faire, l'agence propose « trois axes d'actions principaux » inspirés d'expériences étrangères :

- Lutter contre le morcellement de la propriété forestière en favorisant les regroupements de parcelles. Un dispositif comme le « droit de préférence » qui permet à un propriétaire forestier d'être prioritaire à l'acquisition d'une parcelle voisine a fait, en partie, ses preuves en Estonie. En France, la Loi de modernisation de l'agriculture a instauré un dispositif similaire en 2010 pour les parcelles inférieures à 4 hectares.

- Améliorer la concertation entre acteurs de la filière, en soutenant l'animation des propriétaires forestiers et leur mise en relation avec les utilisateurs de la ressource (l'aval de la filière). En Autriche, par exemple, les propriétaires forestiers doivent adhérer systématiquement à des associations qui leur apportent des conseils juridiques, fiscaux, économiques et qui peuvent également planifier des opérations de récolte, d'éclaircies, d'entretien, de reboisement dans leur forêt, ainsi que la logistique des approvisionnements en bois de leurs clients. Une autre action souhaitable serait de promouvoir plus fortement l'utilisation de bois dans la construction et se coordonner avec les opérateurs pour mobiliser les déchets de bois issus de cette activité.

- Maintenir et améliorer la rentabilité économique de l'exploitation de biomasse forestière. La Norvège a ainsi créé un Fonds, alimenté par les acteurs de la forêt et qui leur permet de financer divers travaux de sylviculture comme, par exemple, des opérations de replantation ou l'entretien et la rénovation des routes forestières.