Au 4 décembre, Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures à FranceAgriMer chiffrait, à la suite du conseil spécialisé pour la filière céréalière, à 3,8 Mt de blé tendre exportées vers les Pays-Tiers.

« Par rapport à la campagne 2014-15, nous sommes juste en retard de 3 %, ce qui peut paraître peu, sauf que nous avons beaucoup plus de marchandises cette campagne, donc l’impact est beaucoup plus important ! » Sont notées cette année tout de même des ouvertures de marchés vers le Mexique et l’Indonésie, avec un potentiel d’export de 500 000 t en meunier et fourrager vers cette dernière destination. Mais cette ouverture pourrait être freinée par la « vague de blé et de maïs attendue d’un moment à l’autre d’Argentine » suite à l’élection du nouveau président.

Par ailleurs, l’ouverture vers l’Indonésie pourrait être vite compensée par les conséquences sur le marché des tensions entre la Russie et la Turquie…

En orge, la dynamique chinoise ralentit. « Nous n’aurons pas pu exporter autant qu’espéré », note Olivia Le Lamer. Après la France, le Danemark, la Finlande et l’Ukraine, le marché chinois s’ouvre au Royaume-Uni sur un potentiel estimé à 150 000 tonnes/an. Ainsi, le bilan s’alourdit avec un disponible prévisionnel qui passe de 838 000 tonnes en novembre dernier à 1 022 000 t ce mois-ci.

En maïs, la collecte française ayant été réévaluée à la hausse de 200 000 tonnes et les utilisations à la baisse de 300 000 tonnes, le disponible prévisionnel connaît une hausse de 500 000 tonnes. « Mais dans ces estimations, nous n’avons pas pris en compte les conséquences éventuelles des cas de grippe aviaire sur les actions des fabricants d’aliments du bétail ni celles liées à l’avenir de l’usine de bioéthanol dans les Pyrénées-Atlantiques suite à la quasi-faillite du groupe espagnol spécialiste des énergies renouvelables Abengoa », précise Olivia Le Lamer.

En blé dur, le bilan français reste étroit à -180 000 tonnes de disponible. Le stock de report prévu est très faible, proche de 0. « Pas étonnant car la bonne qualité des blés durs français est reconnue, » estime Xavier Rousselin, référent blé dur chez FranceAgriMer.

Sur un plan mondial, Xavier Rousselin note les nouvelles estimations en forte hausse de la production canadienne au 4 décembre. « On est passé de 4,7 Mt en octobre alors que la récolte se terminait, à 5,4 Mt en décembre, soit une hausse de 13 % ! Cela fait trois ans qu’il y a une nette différence entre l’estimation d’octobre et celle de décembre sans trop d’explications. Cela va modifier le bilan mondial et les stocks vont augmenter. »

A télécharger :

Les prix payés aux producteurs (FranceAgriMer, déc. 2015)

La conjoncture en céréales biologiques (FranceAgriMer, déc. 2015)

Les bilans céréaliers 2015/2016 (FranceAgriMer, 9 déc. 2015)

Florence Mélix
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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