« L'Europe et la France sont larguées dans le domaine des OGM à cause d'une certaine hypocrisie, ce qui a entraîné une perte de la compétitivité du monde agricole », a déploré mardi, Daniel Segonds, président du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), lors du colloque « Biotechnologies végétales, environnement, alimentation et santé : quel futur ? » organisé par l'AFBV (1) et la Saf-Agriculteurs de France.

Rappelant que 148 millions d'hectares de plantes OGM sont cultivées dans le monde et seulement 80.000 ha en Europe (notamment en Espagne), il a toutefois soulevé que « nous avons des OGM dans nos étables ou dans nos assiettes ».

38 événements sont autorisés à l'importation dans l'UE et l'Europe croule sous de nouvelles demandes. « Nous importons par exemple 50 millions de tonnes de soja OGM pour les éleveurs européens », a-t-il chiffré.

Il estime par ailleurs que la culture du maïs Bt résistant à la pyrale sur 300.000 hectares en France, aurait apporté un gain de 150.000 tonnes par an grâce à un rendement supérieur d'au moins 5 q/ha. Cela représenterait 30 millions d'euros pour la ferme France.

Pire, selon lui, est « l'insécurité juridique totale » dans laquelle se retrouvent les semenciers commercialisant des variétés conventionnelles « du fait de l'absence de réglementation claire sur la question de la présence fortuite d'OGM ».

Daniel Segonds a été très critique sur le fonctionnement du HCB (Haut-Comité des biotechnologies) citant « un bilan peu encourageant », notamment à cause des difficultés de dialogue entre les membres du CEES (Comité économique, éthique et social).

L'espoir réside, selon lui, dans la génomique. Il s'est d'ailleurs réjoui de l'enveloppe budgétaire allouée aux biotechnologies dans le cadre des investissements d'avenir.

« La création récente du GIS (Groupement d'intérêt scientifique, ndlr) des biotechnologies vertes va permettre d'entreprendre des programmes d'envergure dans le cadre d'un partenariat public-privé autour de thèmes tels que l'amélioration de l'efficacité azotée du blé tendre ou encore sa tolérance à la sécheresse », se félicite le président du Gnis.

Ce GIS est le prolongement de Génoplante, élargi à de nouveaux semenciers comme Florimond Desprez. Les travaux sur l'efficacité azotée et la sécheresse pourraient porter leurs fruits sous dix ans.

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(1) AFBV : Association française des biotechnologies végétales.

Visionnez l'intervention de Daniel Segonds.

I.E.