Delphine Batho s'est engagée à soutenir le développement de l'énergie de la biomasse, une « filière stratégique » pour l'« autonomie énergétique » de la France, mardi lors de sa première intervention publique en tant que ministre de l'Ecologie et de l'Energie.

« Les déceptions de Rio+20 n'ont en rien entamé la détermination du gouvernement à faire du développement des énergies renouvelables un axe fondamental de sa politique », a-t-elle affirmé lors d'un colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

La biomasse, qui englobe l'énergie produite notamment à partir de la combustion de bois ou de déchets organiques, « représente 50 % de la production française d'énergie renouvelable. C'est donc la première filière d'énergie renouvelable de notre pays », a observé la ministre.

Cette filière est « stratégique pour la France, son autonomie énergétique », mais aussi « pour limiter le budget en énergie de nos concitoyens et créer des emplois », a-t-elle estimé. Cette « ressource domestique » n'est « pas soumise aux fluctuations des cours internationaux des monnaies, des hydrocarbures et n'aggrave pas le déficit de la balance commerciale », a-t-elle insisté. « En cela, la biomasse peut nous aider à maintenir notre sécurité d'approvisionnement et notre indépendance énergétique dans des conditions économiques soutenables. »

Evoquant le débat national sur la transition énergétique, promis par François Hollande et qui doit s'ouvrir « prochainement » pour déboucher sur une loi au premier semestre de 2013, elle a souhaité que la biomasse devienne « une énergie majeure de notre mix énergétique ».

Avant elle, le président du SER, Jean-Louis Bal, avait regretté qu'on parle « trop peu » de cette filière. « Produite localement par des circuits courts, la biomasse vivifie nos forêts », a-t-il souligné.

Les énergies renouvelables (bois, hydraulique, biocarburants, éolien, solaire) représentaient, en 2010, 16,4 % de la production nationale énergétique alors que l'objectif de la France est d'atteindre une part de 23 % dans la consommation finale en 2020, selon les chiffres du ministère.