À quelques jours de l’annonce de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie), qui devrait intervenir « à la fin de novembre », selon le ministre de la Transition écologique, le groupe Engie annonce sa stratégie pour booster la filière.

Aujourd’hui, le gaz renouvelable ne représente que 0,1 % du gaz consommé dans le réseau, donc pour atteindre les 10 % de biométhane injectés d’ici à 2030 comme le prévoit la loi, il va falloir mettre les bouchées doubles.

Mobiliser 800 M€ d’ici à 5 ans

L’énergéticien, qui possède 35 projets en cours de développement, va mobiliser 800 M€, avec ses partenaires, d’ici à 2023 pour créer une centaine unités. L’objectif à l’horizon de 2030 s’élève à 2 milliards d’euros. Une plateforme de financement et une centrale d’achat groupé vont être créées. L’enjeu est de massifier et de standardiser pour rendre la filière plus compétitive.

« Nous voulons accélérer le mouvement pour provoquer une baisse de 30 à 40 % des coûts de la filière », a déclaré la directrice générale d’Engie, Isabelle Kocher, lors de l’inauguration de Beauce Gâtinais Biogaz, un méthaniseur de 240 Nm³/h, dont Engie est actionnaire pour un tiers, aux côtés de la coopérative Agropithiviers et de la Sicap (entreprise de distribution locale d’énergie).

Encore diminuer les coûts

L’objectif de la filière est d’amener le biogaz à parité avec le gaz naturel, comme pour le solaire ou l’éolien. Pour le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, cela pourrait passer également par la fiscalité. « Ce ne serait pas logique que l’on taxe de la même façon le gaz, extrait du sous-sol, émetteur de CO2, avec un gaz renouvelable. » Une demande de la longue date de la filière.

Le ministre a encouragé les méthaniseurs à grande échelle, « comme ce projet qui permet de changer d’échelle », et s’est dit prêt à « revoir » les règles qui peuvent jouer sur les coûts de production, notamment en augmentant l’incorporation de cultures spécifiques.

Aude Richard