Les restes de production de l’industrie de la pêche seront mélangés à d’autres déchets organiques afin de créer un biogaz qui sera liquéfié et remplacera le fioul, a indiqué ce lundi 26 novembre 2018 la compagnie qui organise notamment des croisières dans l’Arctique et l’Antarctique.

« Ce que d’autres considèrent comme un problème, nous l’envisageons comme une ressource et une solution », a déclaré son directeur général, Daniel Skjeldam. « En utilisant le biogaz pour alimenter ses navires, Hurtigruten devient la première compagnie du secteur à propulser ses bateaux à l’aide de carburants exempts de combustibles fossiles », a-t-il ajouté.

Le changement des moteurs prévu

Hurtigruten, qui exploite une flotte de 17 navires, souhaite en équiper « au moins » six de systèmes de propulsion au biogaz et de batteries associés à des moteurs à gaz naturel liquéfié (GNL). Le premier bateau devrait naviguer à compter de la fin de 2019 ou au début de 2020, selon un porte-parole de la compagnie, Rune Thomas Ege.

La Norvège, où des bus roulent au biogaz, dispose d’industries piscicole et forestière, générant d’importants volumes de déchets organiques. Hurtigruten, qui vise la neutralité en carbone en 2050, a aussi commandé trois navires hybrides batteries/diesel qui seront « les premiers navires de croisière au monde capables d’opérer sans la moindre émission pendant certaines périodes ».

« Quelque chose que l’on croyait quasi impossible il y a quelques années », a fait valoir Rune Thomas Ege. En cours de construction dans les chantiers navals Kleven dans l’ouest de la Norvège, le premier, le MS Roald Amundsen, du nom du célèbre explorateur polaire norvégien 1872-1928), devrait effectuer son voyage inaugural en mai 2019.

Des progrès vivement attendus

Le secteur de la croisière est vivement critiqué pour son empreinte climatique et sa contribution à la pollution de l’air. Un gros navire de croisière propulsé au fioul lourd, carburant peu onéreux mais très polluant, émet quotidiennement autant de particules fines qu’un million de voitures, selon l’organisation allemande de défense de l’environnement Nabu.

Lundi, la justice française a pour la première fois condamné une compagnie de croisière et l’un de ses capitaines pour avoir enfreint les normes environnementales. Après avoir été épinglé avec du fioul trop polluant, le capitaine de l’Azura exploité par l’Américain Carnival, a été condamné à 100 000 € d’amende, dont 80 000 € devront être acquittés par son employeur.

La Norvège, quant à elle, a décidé d’appliquer d’ici à 2026 au plus tard une exigence de « zéro émission » pour les navires de croisière et les ferries naviguant dans ses fjords classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

AFP