Dans un courrier adressé au président d'UFC Que choisir le 24 janvier, Michèle Pappalardo, la présidente de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) partage l'analyse de l'UFC Que Choisir sur l'intérêt des biocarburants pour la réduction de la dépendance au pétrole du secteur des transports.

Cependant, elle précise qu'il ne faut pas réduire le débat au seul éthanol. Il ne représente en 2007 que 31 % des agréments de défiscalisation (contre 69 % pour le diester) et ce pourcentage devrait baisser à 25 % en 2010.

L'étude commanditée par l'Ademe et le ministère de l'industrie en 2002 a montré un avantage des biocarburants (filières diester et éthanol) sur les carburants d'origine fossile, tant en terme de bilan effet de serre que de consommation d'énergie fossile. L'agence précise que pour l'éthanol, certaines études, dont celles de l'Inra, concluent sur un avantage moins important mais le bilan de la filière reste positif par rapport aux carburants d'origine fossile. Ces résultats divergents s'expliquent en majeure partie, selon l'Ademe, par des différences méthodologiques ou d'hypothèses notamment sur la quantité d'énergie consommée allouée aux co-produits qui résultent de la fabrication de biocarburants. Actuellement, l'agence de l'environnement travaille avec les autres acteurs scientifiques et les ministères concernés sur la comparaison des différentes approches.

Toujours concernant l'éthanol, l'agence estime qu'avec un cours du pétrole stabilisé autour de 100 $ le baril, la filière devrait être rentable sans défiscalisation. Pour le diester, cet équilibre pourrait intervenir dès le 70 $ le baril.

Concernant la proposition d'UFC Que choisir d'envisager l'importation de biocarburants produits à partir de cultures tropicales comme l'éthanol de canne à sucre (Brésil) ou l'huile de palme (Indonésie, Malaisie), l'Ademe reste réservée. Selon elle, il est important de tenir compte des modes de production de ces produits et des risques de déforestation, dans certains pays, pour agrandir la surface agricole si des logiques d'exportation à grande échelle se mettaient en place.

F.M.