En novembre dernier, la structure de réflexion Farm Europe publiait un rapport sur la production de biocarburants dans le monde. Sur la base de cette expertise, montrant notamment « la dimension stratégique des biocarburants au sein de l’Union européenne (UE) », la plateforme aura pour ambition de présenter des propositions concrètes à la Commission. Farm Europe souhaite ainsi « renforcer la contribution de l’agriculture à l’agenda climatique de l’UE, notamment dans le domaine de l’énergie ».

Selon le think-tank, « une attention particulière sera accordée aux biocarburants provenant des matières premières de l’UE, ce qui permettrait de réduire le déficit en protéines de l’UE, de créer des emplois et de la richesse dans les zones rurales, ou encore de proposer aux agriculteurs européens en difficulté, une source de stabilisation de leurs revenus ».

La plateforme, qui mobilise plusieurs acteurs clés du secteur des biocarburants de l’UE (de l’Allemagne, de la France, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, ou encore de la Suède), devrait ainsi participer au débat sur la directive concernant les énergies renouvelables déposée par la Commission européenne en novembre dernier. Sur ce sujet, les discussions devraient débuter au Parlement dès les prochains jours.

Les discussions devraient se dérouler dans un climat sous tension

En décembre 2016, Bruxelles annonçait son intention de faire passer à 3,8 %, la part de biocarburant de première génération issu de cultures destinées à cet usage dès 2021 (alors que l’objectif était fixé à 7 % pour 2020). En cause, la question de l’insécurité alimentaire mondiale qu’entraînerait le développement des biocarburants de première génération.

Concrètement, la Commission européenne souhaite réduire l’ajout de bioéthanol issu de céréales ou de betteraves dans l’essence vendue en Europe, et du biodiesel produit à partir d’oléagineux, comme le colza ou le tournesol, dans le gazole. À l’inverse, elle table sur des objectifs croissants d’incorporation de biocarburants dits « avancés », c’est-à-dire fabriqués à base de déchets agricoles et forestiers, ou de micro-algues. Cette proposition suscite toujours de vives réactions du côté des industriels du secteur.

M.S.