Dans une synthèse de résultats d'analyses économiques récentes, publiée en mars 2012, l'Inra dresse un bilan mitigé des « agrocarburants » de première génération, « que ce soit du point de vue énergétique et environnemental, du point de vue des politiques de soutien à leur développement et du point de vue des tensions et perturbations potentiellement induites sur les marchés internationaux et, par suite, sur la sécurité alimentaire mondiale ».

Concernant le bilan énergétique, l'Inra note que la variabilité du rapport entre l'énergie consommée et l'énergie dégagée alimente la controverse quant aux bénéfices escomptés des agrocarburants. Cette notion dépend de la variabilité des « productivités » des matières premières utilisées.

Actuellement, c'est la canne à sucre et la betterave à sucre qui permettent d'obtenir les meilleurs rendements en matière de production d'éthanol. « La controverse est renforcée par le fait que les coproduits issus de la production de biocarburants ne sont pas toujours intégrés dans les analyses, explique l'Inra. Ils sont pourtant une composante importante du bilan économique et énergétique des agrocarburants, notamment par leur valorisation en alimentation animale ».

L'institut de recherche révèle aussi dans sa synthèse, qu'en termes de bilan environnemental, « lorsque le changement d'affectation des sols est considéré, l'écart entre le bilan gaz à effet de serre des agrocarburants de première génération et celui des carburants fossiles est significativement réduit. Par conséquent, l'intérêt des agrocarburants en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre devient beaucoup moins évident ».

Les politiques de soutien sont par ailleurs jugées « coûteuses au regard des bénéfices que les agrocarburants peuvent potentiellement fournir à la société ». « La justification de ces coûts au regard des bilans énergétiques et de gaz à effet de serre des agrocarburants suscite des controverses. L'augmentation de la demande de matières premières pour la production d'agrocarburants, qui selon l'Inra devrait se poursuivre dans les dix prochaines années, « menace directement la sécurité alimentaire des pays importateurs nets de produits agricoles ».

« Au-delà de la pression à la hausse sur les prix mondiaux des matières premières agricoles », l'Inra note que « le développement des agrocarburants est également susceptible de contribuer à accentuer leur volatilité ».

« La perspective de mise sur le marché de la deuxième génération porte justement l'ambition de répondre à la plupart des arguments avancés à l'encontre des agrocarburants de première génération », conclut l'Inra.

I.E.