Face à la menace qui pèse sur la filière des biocarburants, la FNSEA et du SER (Syndicat des énergies renouvelables) ont lancé ce mercredi dans un communiqué, un cri d’alarme auprès des politiques français et européens. Les discussions autour de la révision de la directive sur les énergies renouvelables (RED II) sont en cours, et ne semblent pas présager un bon avenir pour la filière européenne des biocarburants.

« Si les propositions de révision étaient adoptées en l’état, les filières agricoles et industrielles françaises des biocarburants seraient gravement menacées », indiquent les deux organismes. Ainsi, ces derniers demandent au gouvernement et aux parlementaires européens de porter, dans le cadre des négociations européennes, plusieurs demandes de modifications des propositions actuelles.

Suppression de l’objectif européen dans le secteur des transports

Alors que la Commission propose un nouvel objectif d’au moins 27 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie de l’Union européenne (UE) d’ici à 2030, les projets de textes actuels suppriment l’objectif de 10 % d’énergies renouvelables au sein du secteur des transports. Pour la FNSEA et le SER, cette décision est incohérente : « Il n’est pas acceptable que ce secteur, responsable du quart des émissions des gaz à effet de serre de l’UE, ne soit plus visé spécifiquement par un objectif ambitieux d’utilisation d’énergies renouvelables. »

Les deux syndicats demandent donc un objectif spécifique de 15 % dans le secteur des transports pour 2030, comme c’est le cas dans la loi française (LTECV). « Cet objectif est nécessaire, car la part des énergies renouvelables dans le secteur reste encore marginale. »

Diminution progressive de la part des biocarburants

La Commission européenne souhaite privilégier les biocarburants de deuxième génération (G2) en diminuant progressivement la part des biocarburants de première génération (G1) sous un plafond de 3,8 % au maximum en 2030 (contre 7 % pour 2020).

« Maintenir le plafond à 7 % est indispensable pour préserver les 2 milliards d’euros d’investissements réalisés en France dans la G1 et conserver les 30 000 emplois industriels et agricoles attachés à ces investissements », rappellent la FNSEA et le SER. Les deux organisations souhaitent donc maintenir le plafond de 7 % à l’échelle européenne, dans un objectif global de 15 %.

« Autoriser les États membres à aller au-delà de 7 % permettra de préserver les volumes de G1 malgré la baisse prévue de la consommation d’énergie dans les transports », déclare Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

M.S.