« Nous sommes à un moment délicat, avec peu de conversions d'agriculteurs en bio depuis un an. Depuis le début de l'année 2013, on observe encore un très fort ralentissement et plusieurs régions n'ont reçu aucun dossier de conversion », constate Etienne Gangneron, administrateur de l'APCA (1) en charge du dossier bio et nouveau président de l'Agence bio.

Ce coup de frein s'expliquerait par les difficultés d'accès au foncier, un différentiel de prix plus faible avec les produits issus de l'agriculture conventionnelle et la faible mobilisation de la restauration collective (qui arriverait, selon lui, à 2 % de produits bio dans ses menus au lieu des 20 % fixés par le Grenelle de l'environnement).

La bonne nouvelle reste que la demande des consommateurs français pour du bio national reste forte. Les chambres ne veulent pas se laisser décourager par ce ralentissement qu'elles espèrent passager : « Avec 250 conseillers sur le terrain, nous sommes des acteurs indispensables dans l'accompagnement et le conseil en techniques de l'agriculture biologique, a insisté Guy Vasseur, président de l'APCA, lors d'une conférence de presse, le 9 avril à Paris. Nous le faisons pour répondre aux attentes des consommateurs. C'est une démarche pragmatique et non idéologique », a-t-il précisé.

A défaut de nouveaux financements dans un contexte budgétaire sévère, l'APCA espère que le plan bio Ambition 2017 conservera les enveloppes Pac pour la conversion et le soutien, et qu'il mettra l'accent sur la recherche. Le plan devrait être présenté par le ministre de l'Agriculture à la fin de mai.

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(1) APCA : Assemblée permanente des chambres d'agriculture.

Sophie Bergot