« L’objectif est bien de définir le poulet de demain », explique Amélie Legrand, responsable des affaires agroalimentaires chez CIWF France. Un objectif que l’association prévoit d’atteindre non pas par la contrainte réglementaire, mais par un engagement volontaire des acteurs de la filière dans la démarche « Better chicken ».

Lancée en 2017, cette charte est le résultat du travail conjoint de près de 30 associations, dont les antennes de CIWF de plusieurs pays, mais également L214, Welfarm, ou la société royale pour la prévention de la cruauté animale (RSPCA, Royaume-Uni). « Avoir un message commun sur les enjeux de bien-être animal est assez unique », reconnaît Amélie Legrand.

Une demande unique à la filière

L’idée a d’abord vu le jour aux États-Unis en 2016, à l’initiative d’un collectif d’ONG. « La charte a très bien marché là-bas, avec plus de 130 entreprises engagées », souligne Amélie Legrand. À l’été suivant, les ONG européennes se mettent donc au travail à leur tour, pour aboutir en quelques mois à des critères communs, et à cette charte publiée en 2017.

Avec un accord de toutes les ONG sur le cap, on envoie un message très clair à tous les acteurs de la filièreAmélie Legrand, responsable affaires agroalimentaires chez CIWF.

Les ONG fournissent aux signataires des objectifs détaillés à atteindre avant 2026 : densité maximale de 30 kg/m2, 50 lux de lumière naturelle au minimum, souches à croissance intermédiaire type Hubbard JA757, 787, 957 ou 987, et deux substrats de picage pour 1 000 oiseaux. « Par rapport aux cahiers des charges existants, nous demandons également un abattage avec étourdissement gazeux », souligne Amélie Legrand.

Un travail de longue haleine

La charte reprend de nombreux aspects des grilles de bien-être animal créés dès 2010 par le CIWF dans le cadre de ses trophées « poulets d’or ». « Nous avons utilisé cette première base, que nous avons fait évoluer pour faire aboutir à ces critères communs », raconte Amélie Legrand.

Monoprix, Intermarché, Auchan, Système U : côté signataire, on retrouve de nombreuses enseignes et partenaires de longue date du CIWF. « Nous avons encouragé les enseignes avec lesquelles nous travaillons de manière générale sur le bien-être animal à prioriser le travail sur Better Chicken », confie Amélie Legrand.

Souvent épinglée pour ses approvisionnements, la restauration collective se mobilise aussi sur la volaille de chair. Elior, Sodexo, Compass group, Api restauration mais également Flunch ont signé la charte. « L’engagement de ces acteurs majeurs est un signal très fort pour la filière », estime Amélie Legrand.

Ivan Logvenoff