Répondre aux préoccupations des consommateurs sur le respect du bien-être animal, tel est l’objectif de l’association Éleveurs et bien, avec la mise en place d’un mode d’élevage alternatif de lapins. « L’enjeu est également de faire face à une consommation en repli régulier, et d’anticiper la législation européenne et les exigences de la grande distribution », précise Stéphane Bouju, président de l’association et éleveur dans le Maine-et-Loire, lors d’une conférence de presse le 5 juin 2019 à Paris.

Zones de refuge et alimentation sans OGM

Afin d’établir une certification contrôlée par un organisme tiers, l’association a mis en place son propre référentiel technique. Fini donc les cages. Place à un enclos sur caillebotis intégral, avec au minimum 800 cm² par lapin, soit une surface deux fois plus importante qu’en cage. Le tout, en éclairage naturel, ou avec une « transition lumineuse reproduisant le déroulement naturel d’une journée.

« Les animaux bénéficient aussi d’une zone de refuge telle un terrier, pour reproduire leur comportement naturel, détaille Gwénaël Moreau, trésorier d’Éleveur et bien. Les producteurs pourront également s’en servir pour y regrouper les lapins lors des enlèvements ». L’alimentation non-OGM respecte la démarche Bleu Blanc Cœur, et se compose de luzerne, de céréales, de graines de lin ainsi que d’un bloc de fourrages grossiers compactés à ronger.

Autant d’animaux par bâtiments

Malgré une moindre densité d’animaux qu’en cage, « le nombre de lapins par bâtiment n’est pas affecté, notamment en raison de nombreuses allées présentes dans les systèmes en cage qui sont désormais supprimées », assure Stéphane Bouju.

Le président d’Éleveur et bien confirme par ailleurs « la simplicité de transformation d’un système conventionnel en un système alternatif, sans la nécessité de construire de nouveau bâtiment ». Afin de soutenir les investissements des éleveurs, l’association promet la mise en place d’un accompagnement sur sept ans, avec « un complément de prix de 15 % sur le prix normal ».

Dans les rayons en 2020

Pour l’heure, deux élevages pilotes sont en place. « Quinze autres projets sont en cours, dont dix bien avancés », indique Gwénaël Moreau. « À l’horizon de 2025, nous visons l’adhésion de 25 % des producteurs des groupements Terrena (100 éleveurs) et de Cavac (180 éleveurs), avance Matthieu Loeul, directeur commercial de Loeul et Piriot. »

L’arrivée des premières barquettes en grandes et moyennes surfaces est prévue en 2020. « Nous tablons sur une production de départ de 6 000 à 7 000 lapins par semaine. » Il reste à trouver les enseignes partenaires pour leur commercialisation. « La démarche n’a pas encore été présentée aux distributeurs, poursuit Matthieu Loeul. C’est tout l’enjeu des mois à venir. »

V. Gu.