En prélude à son assemblée générale du 9 décembre 2014, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a annoncé jeudi des rendements de la campagne betteravière de 2014-15 de l'ordre de 93 tonnes à l'hectare à 16 % de sucre, supérieurs à la moyenne de cinq ans (89 t/ha), avec une récolte de betteraves de 37,6 millions de tonnes (Mt).

« On observe une augmentation du rendement de 1,7 % chaque année », a confirmé Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. Et la profession compte encore doubler la productivité et allonger les campagnes de 120 à 130 jours. Productivité et compétitivité restent encore et toujours les maîtres mots du discours de la filière.

« Se tourner vers las pays tiers »

La fin des quotas en 2017 est interprétée comme une opportunité de développer la production de sucre et d'éthanol en France. Mais il va falloir faire face à une concurrence rude et un contexte difficile, résultat d'une politique excessive de libre-échange. En effet, la Commission encourage la signature d'accords de libre-échange. La conséquence directe est une diminution des débouchés dans l'UE alors que la France est le premier fournisseur avec 1,3 Mt de sucre exporté sur l'UE. Des contingents sans droits de douane ont été ouverts avec le Pérou, la Colombie, l'Amérique centrale (250.000 t), l'Ukraine (20.000 t) et l'Afrique du sud (150.000 t). A cela s'ajoutent le développement de l'isoglucose et un risque de baisse des prix du fait d'un déséquilibre entre l'offre et la demande comme conséquence de la suppression des quotas.

« Il va falloir se tourner vers les marchés sur les pays tiers, a répété Alain Jeanroy. Et miser sur les nouveaux marchés que sont le bioéthanol ou encore les bioplastiques. » En effet, le taux d'incorporation de bioéthanol n'est que de 5,66 % alors qu'il est prévu à 7 %.

Baisser les surfaces en attendant 2017

En attendant 2017, le report de 2014 de la France va être limité, à la différence de ceux des collègues européens, grâce à une politique de surface adaptée aux débouchés disponibles. Ainsi, « pour 2015, les surfaces doivent baisser de 5 % afin de s'adapter aux quantités contractualisées », a insisté Eric Lainé, président de la CGB.

Claire Faure