Loger 160 vaches laitières dans un bâtiment ouvert avec litière malaxée : c’est le pari de Nicolas Fleury et ses quatre associés, installés à Saint-Étienne-de-Mer-Morte, dans la Loire-Atlantique. « Nous disposions auparavant d’une stabulation avec logettes du style « cabane à vaches », détaille Nicolas Fleury. Lors la dernière année dans ce bâtiment, nous avons retrouvé cinq vaches équasillées. Depuis la mise en route du nouveau bâtiment en 2017, nous n’avons subi qu’un seul cas. »

De gauche à droite : Jacques Charlery, du GIE Élevages Bretagne, Philippe Le Carluer, du bureau d’études en bâtiment chez Triskalia, Nicolas Fleury, éleveur laitier, Guillaume Cailler, conseiller à la chambre d’agriculture, et Alexis Dufumier, journaliste à La France agricole et animateur de la conférence. © C. Renaux/GFA

Des vaches en bonne santé

L’éleveur constate également une meilleure expression des chaleurs, et plus largement une amélioration de la santé des animaux. « Les vaches n’ont plus de gros jarrets ou de problèmes de pattes. S’agissant de la qualité du lait, « contrairement aux idées reçues, nous avons sensiblement amélioré le comptage cellulaire en passant des logettes à l’aire de couchage malaxée ».

« Nous gagnons deux heures matin et soir »

L’aire de couchage des vaches, constituée de miscanthus, est curée seulement deux fois par an. « Chaque jour, nous consacrons dix minutes à l’aération de la litière matin et soir avant chaque traite, à l’aide d’une herse rotative attelée à un tracteur. » La traite des 160 vaches laitières, le soin aux veaux et l’aération de la litière des vaches nécessite deux heures à deux personnes, « soit deux heures de moins que dans l’ancien bâtiment. J’ai plaisir à travailler dans ces conditions. »

Le bâtiment de Nicolas Fleury dispose de longs pans ouverts. Aucun translucide n’est présent sur le toit. © M.-F. Malterre

Pour évacuer l’humidité de la litière, « les longs pans sont ouverts, précise Guillaume Cailler, conseiller en bâtiment à la chambre d’agriculture de la Loire-Atlantique. Par ailleurs, aucun translucide n’a été disposé sur le toit, pour éviter la surchauffe de l’aire de couchage et maintenir de l’ombre dans la stabulation.

Prévoir des bâtiments évolutifs

Pour Jacques Charlery, du GIE Élevages de Bretagne, « lors d’un projet de stabulation, il convient d’opter pour un bâtiment évolutif, en anticipant l’évolution de la taille du cheptel mais aussi un éventuel changement de production ». Quant au coût de l’investissement, « un bâtiment reviendra forcément cher s’il n’est pas adapté au bien-être de l’animal et de l’éleveur », estime le spécialiste. Sur l’exploitation de Nicolas Fleury, l’investissement s’’élève à 4 200 € par place.

V. Gu.