La Commission européenne a relevé mercredi de 150 millions d'euros à 210 millions d'euros (M€) sa proposition de compensations financières en faveur des producteurs de légumes de l'UE confrontés à un effondrement de leurs ventes à la suite de l'épidémie de la bactérie Eceh.

« Dans l'immédiat, nous aurons un budget de 210 millions d'euros » pour aider les maraîchers affectés, dont les produits sont boudés par les consommateurs car considérés comme potentiellement à l'origine de l'épidémie après les alertes lancées par l'Allemagne, a annoncé le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

L'aide est destinée aux producteurs de concombres, tomates, laitues ainsi qu'à ceux de courgettes et poivrons, a-t-il précisé.

Dans un premier temps, la Commission avait proposé le mardi 7 juin 2011 une aide totale de 150 millions d'euros provoquant un tollé dans le monde agricole durement affecté par la mévente de ses produits, et des protestations de plusieurs pays, comme l'Espagne, qui jugeaient l'enveloppe insuffisante.

Bruxelles a dû donc relever son offre à la hâte, financée par le budget de l'UE. « La priorité est d'aider les producteurs de légumes le plus vite possible », a expliqué M. Ciolos.

« La source de l'épidémie n'est toujours pas connue », a reconnu M. Ciolos, « mais la priorité reste d'arrêter la crise sanitaire et de restaurer la confiance des consommateurs. »

« Il faut éviter que des secteurs entiers comme celui des légumes soient affectés parfois de manière injuste par cette situation », a-t-il insisté.

Il n'est pas certain cependant que l'offre relevée de Bruxelles permette de satisfaire pleinement les pays les plus touchés.

L'Espagne, qui dit perdre plus de 200 M€ par semaine, réclame une indemnisation européenne de ses producteurs de légumes à hauteur de 100 % de leurs pertes. Le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a demandé de son côté une compensation « à l'euro près ».

Le plan de la Commission devrait permettre de garantir aux maraîchers lésés 50 % au moins du prix des légumes retirés du marché (sur la base des cours des quatre dernières années), a indiqué M. Ciolos.

Mais « 50 % c'est la moyenne européenne, dans certains pays et régions la compensation réelle pourrait être plus élevée pour les producteurs », a-t-il dit.

Les producteurs adhérents d'une organisation professionnelle, qui ont accès à d'autres mécanismes complémentaires de compensation, pourront bénéficier d'une aide couvrant jusqu'à 70 % de leurs pertes. Mais pas la totalité.

Tous les produits retirés du marché à partir du 26 mai 2011 seront éligibles pour les compensations.

Le projet de la Commission doit encore être approuvé par les capitales européennes, a priori le mardi 14 juin 2011. M. Ciolos a indiqué espérer ensuite que les premières aides soient débloquées « le plus vite possible, d'ici à juillet ».

Très remonté, Madrid a laissé entrevoir de possibles recours en justice contre l'Allemagne faute d'une compensation européenne suffisante. Les Espagnols, premiers producteurs de fruits et légumes de l'UE, sont furieux d'avoir vu leurs concombres montrés du doigt par l'institut allemand Robert Koch, avertissement relayé par la Commission à l'échelon européen.

Outre l'Espagne, d'autres grands pays producteurs comme l'Italie, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne elle-même sont touchés par la chute des prix.

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