Si l'Etat n'apporte pas sa réassurance publique, il n'y aura pas d'assurance récolte concernant les fourrages proposée par Groupama ni de fort développement de l'assurance multirisque climatique actuelle (grandes cultures et viticulture). C'est le message qu'a une nouvelle fois martelé l'assureur mutualiste, vendredi, devant la presse.

« Si on assure 70 % des surfaces en cultures de vente de la ferme France, les sinistres potentiels à payer s'élèvent à 3 milliards d'euros, à comparer avec nos 14 milliards d'euros de fonds propres », a détaillé Stéphane Gin, directeur de l'assurance agricole et des risques professionnels chez Groupama. « Un tel niveau d'exposition n'est pas compatible avec nos bilans », a t-il poursuivi.

La réassurance privée ne peut couvrir la totalité de cette exposition. Il reste donc à l'Etat de faire la jonction.

Dans ces conditions, le lancement d'une expérimentation à grande échelle de l'assurance fourrages est encore moins envisageable puisqu'une sécheresse du type de 2003 entraînerait une exposition encore plus forte qu'avec les grandes cultures. « Pourtant, le produit est calé », a indiqué Stéphane Gin. Même constat pour l'arboriculture.

Vice-président de la Fédération nationale Groupama, François Schmitt, note avec satisfaction l'engagement pris par le ministre de l'Agriculture en faveur de cette fameuse réassurance publique.

Mais il reste que le texte du projet de loi de modernisation n'est pas aussi tranché sur ce point et qu'il renvoie aux conclusions d'un rapport qui devra être réalisé dans les six mois à compter de la promulgation de la loi.

« Certes, on acte politiquement que la réassurance publique est un vrai sujet, mais ce n'est pas suffisant pour avancer », a prévenu François Schmitt.

Ph. P.