Le logiciel, exo-expert, que Groupama Rhône-Alpes Auvergne fournit avec le drone à ses experts, permet de réaliser des calculs de surfaces, de distance, de mesurer l’indice foliaire, mais aussi de faire des comptages de noix, capitules de tournesol… D’autres caisses régionales sont d’ores et déjà intéressées.

Identifier des zones à risques

« Ça va changer le rôle de la compagnie d’assurances », s’enthousiasme Philippe Vayssac, à l’origine du projet et responsable de l’innovation chez Groupama Rhône-Alpes Auvergne. Il raconte une expertise sur une parcelle touchée en trois points par la sécheresse, une tempête et des dégâts de sangliers. « On a pu identifier une zone avec une terre trop sablonneuse… Là où c’était touché par la sécheresse, raconte-t-il, l’agriculteur a pu voir sur la carte reconstituée en moins de 5 minutes qu’il n’y remettrait pas de maïs. »

Pour les dégâts de sangliers, les photos du drone peuvent venir en appui à l’agriculteur lors du passage de l’expert de la fédération de chasse. Certains groupements d’agriculteurs se sont déjà montrés intéressés par l’acquisition du drone et du logiciel de traitement des photos.

Une possible diminution des coûts

Philippe Vayssac voit également dans le drone un salut pour l’assurance récolte. « Plus un expert d’assurance est précis sur un sinistre, plus on réduit les coûts de l’assurance. Si les coûts diminuent, peut-être que l’on pourra permettre à plus d’agriculteurs d’avoir accès à l’assurance, raisonne-t-il. La première chose que suppriment les agriculteurs, lorsqu’ils sont dans une situation économique difficile, c’est l’assurance récolte… Ce qui les condamne, vu l’évolution des problèmes climatiques. »

Une invention à partir d’un drone de loisir

« Nous avons au début utilisé un drone qui suivait automatiquement les skieurs. Puis, nous avons fabriqué un prototype avec du fil de fer et du scotch que j’ai mis entre les mains des utilisateurs », poursuit-il. Il part du principe que certaines parcelles, notamment les vignes et les vergers, nécessitent un décollage et un atterrissage vertical. « J’ai eu la chance qu’un nouveau drone, économiquement viable, pouvant être robotisé et fiable, arrive sur le marché à ce moment-là. C’est un DJI qui peut voler 30 minutes en autonomie. »

Résultat, le projet a remporté le label Fintech 2017 et a terminé dans les trois premières places du concours de la Fédération française de l’assurance le 25 septembre 2017.

Tanguy DhelinJournaliste web