Diminution du nombre de retenues, diagnostic individuel de pratiques, actions biodiversité : les producteurs impliqués dans les retenues des Deux-Sèvres ont su faire évoluer leur projet de départ dans le cadre de la concertation avec les associations et les représentants de l’État. Et ils ont montré leur engagement réel en signant un protocole d’accord avec l’ensemble des acteurs.

Un document dont Thierry Boudaud demeure très fier. « Le protocole de la Sèvre niortaise est un projet pilote pour les Assises de l’eau. Les agriculteurs demandent moins d’eau, avec des réflexions sur les assolements, sur l’efficience même de l’eau. Et grâce à des changements de pratiques agricoles, nous protégeons et nous partageons l’eau. »

À mots identiques, intentions similaires ?

Économiser, protéger, et partager, ce sont les mots exacts du ministère de la Transition écologique et solidaire dans le communiqué qui annonce les mesures prises faisant suite aux deuxièmes Assises de l’eau le 12 février dernier. Trois groupes ont ainsi été créés pour travailler sur ces thématiques, en complément de deux autres sur la biodiversité, et sur la gouvernance des projets.

Au-delà de ces travaux de réflexion, si le gouvernement veut démontrer son engagement sur le sujet, un soutien politique fort aux retenues niortaises est, selon Thierry Boudaud, un prérequis. « Le meilleur moyen de promouvoir une politique innovante de l’eau serait de mettre rapidement en place le protocole signé dans les Deux-Sèvres. Sinon, ça sera un désaveu pour beaucoup de monde. Ici, l’espoir est énorme. »

Car pour Coop’ de l’eau, l’innovation en matière de concertation ne suffit pas, les cadres financiers doivent être eux aussi remis à plat. « Tout le monde veut que les retenues avancent, mais il y a énormément d’intervenants. À un moment le préfet, les élus au-dessus doivent arbitrer et donner une date butoir. Sur ces sujets, l’état doit être fort. »

Ivan Logvenoff