Le syndicat des riziculteurs de Camargue demande un « vrai » plan de relance pour la riziculture camarguaise. « La superficie consacrée à la culture du riz a fondu de moitié en une dizaine d'années, déplore Bertrand Mazel, président du syndicat. Elle a plongé à 11 000 ha pour une production avoisinant 70 000 tonnes par an, soit 20 % de la consommation annuelle française. » Pour expliquer cette baisse, le riziculteur pointe les nombreuses difficultés auxquelles ses pairs se trouvent confrontés.

« Nous subissons des distorsions de concurrence de la part des autres pays producteurs européens, l’Italie et l’Espagne, annonce-t-il. Ainsi, nous n’avons droit qu’à trois matières actives pour désherber nos rizières, soit deux fois moins que nos concurrents dont la France importe la production de riz. » Selon lui, la suppression des aides couplées de la Pac a également creusé l’écart concurrentiel avec ces pays où les charges sociales sont aussi moins élevées. « Nous avons pourtant tout pour réussir, enrage Bertrand Mazel. Nous produisons de nombreuses variétés de riz et nous disposons de cinq organismes stockeurs sur notre territoire. Mais avec la baisse de la production, ils sont aujourd’hui sous alimentés. »

Le sel, un danger

Pis avec le réchauffement climatique, les rizières camarguaises vivent désormais avec la menace du sel dont le taux augmente dans les sols. « Il pleut de moins en moins, expose Bertrand Mazel. Ce faisant, il n’y a plus suffisamment d’eau douce pour contrer celle venue de la mer qui ne cesse de remonter dans les terres arables faute de systèmes de protection efficaces. » Pour preuve, l’étang de Vaccarès, qui s’étend sur 6 500 ha au centre de la Camargue enregistre jusqu’à 70 g de sel par litre contre 20 g, il y a quelques années. La culture du riz avec ses millions de m³ d'eau douce injectés dans les sols, fait office de barrage contre le sel.

Une mission nationale d’expertise a vu le jour l’an passé pour trouver des solutions.