"Les niveaux des nappes à l’entrée de l’hiver 2022-2023 sont nettement inférieurs à ceux de l’année dernière, deux tiers des nappes affichant toujours des niveaux sous les normales mensuelles", constate le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), publié le 16 novembre 2022.

L'automne est normalement une période charnière, marquant la fin de la vidange estivale et le début de la recharge hivernale. "En octobre, la vidange ralentit et la recharge semble débuter notamment sur les nappes du Nord-Est, sans être encore généralisée, analyse le BRGM. Les tendances d’évolution s’inversent lentement mais restent très contrastées selon la pluviométrie et la réactivité des nappes."

Recharge amorcée pour certaines nappes

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux autour des normales par rapport aux mois d’octobre des années antérieures :

  • Les nappes alluviales de la plaine de l’Alsace du Nord et de la Bourgogne-Franche-Comté ont débuté leur recharge et leur état s’améliore, avec des niveaux comparables aux normales mensuelles ;
  • Les niveaux des nappes alluviales de l’Adour et du gave de Pau ainsi que de la Garonne, de la Dordogne et de leurs principaux affluents ont été soutenus par un épisode de recharge en septembre et les niveaux restent proches des normales mensuelles ;
  • Les niveaux des nappes des calcaires karstiques des régions Montpelliéraines et Nîmoises restent en hausse et comparables aux normales mensuelles, grâce aux apports pluviométriques importants de septembre.

Vidange toujours active pour d'autres

De nombreuses nappes présentent des situations peu favorables avec des niveaux très bas par rapport à tous les mois d’octobre des années précédentes :

  • Les niveaux des nappes des calcaires karstifiés des Causses à la Charente sont très bas, conséquences des déficits pluviométriques durant l’année 2022 et du retard du début de la période de recharge ;
  • Les nappes inertielles des cailloutis plioquaternaires de la Bourgogne-Franche-Comté atteignent des niveaux très bas, la vidange étant toujours active et la situation se dégrade progressivement depuis le printemps ;
  • L’étiage des nappes de la molasse miocène du Bas-Dauphiné, des alluvions et des formations complexes de la Provence et de la Côte d’Azur reste très sévère, avec des niveaux bas à très bas. En l'absence de pluies ces derniers mois, les nappes poursuivent leur tarissement.

Des pluies abondantes nécessaires "jusqu'au printemps"

Comme dans son précédent bulletin, le BRGM appelle à limiter les prélèvements en eau. "Les arrêtés de restrictions d’usage de l’eau permettent d’alléger la pression exercée sur la ressource en eau, commente l'organisme. En l'absence de pluies efficaces suffisantes, le ralentissement de la décharge permet d’éviter des dégradations rapides de l’état des nappes et repousse l’arrivée d’un étiage sévère."

En novembre, la recharge devrait se généraliser, mais la vidange pourrait reprendre en cas de précipitations insuffisantes, prévient le BRGM. Pour lui, il faudra des pluies "abondantes et longues" dans les prochains mois, "jusqu'au printemps", pour reconstituer durablement les réserves.

"Durant l’automne, l’hiver et le début du printemps, la situation devra être surveillée sur l’ensemble des nappes du territoire et plus particulièrement sur les nappes ayant enregistré un étiage sévère, ajoute-t-il. À noter que des pluies printanières permettront également de repousser le début de la période de vidange des nappes les plus réactives."