Avec l'acquisition des 225 hectares du bois des Montils (Essonne) en 2021 où cervidés et sangliers sont très présents, le Conseil départemental a dû revoir son schéma de régulation dans ces espaces naturels où la chasse est interdite.

"Le modèle de conventionnement que nous avions avec la Ficif, Fédération interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France (1) n'était plus adapté à la hausse des besoins de régulation, explique le vice-président du Conseil départemental, Nicolas Méary. Ces missions relèvent d’une prestation de service et impliquent le recours au marché public. Nous avons donc lancé un appel d'offres cet été avec un seuil maximal de 200 000 € sur 4 ans."

C'était sans penser que ce montant et cette mise en conformité juridique, qui serait unique en France, allaient générer un tel tollé auprès des associations naturalistes, des élus et du grand public ! "C'est pourtant notre responsabilité de ne pas laisser de zones non chassées où sangliers et cervidés se reproduisent et sont responsables de collisions routières, ferroviaires et de dégâts agricoles", réagit Nicolas Méary, encore surpris par l'ampleur médiatique générée par cette procédure.

332 000 € d'indemnités

"Cet appel à projets était une solution de bon sens", appuie Frédéric Arnoult, agriculteur et président de la FDSEA de l'Essonne. Finalement, un seul candidat, la Ficif , ayant répondu, l'appel d'offres se révèle infructueux et d'autres outils sont envisagés. En espérant que la solution soit efficace sur la gestion des populations, car les dégâts agricoles sont préoccupants.

"En 2021, la Ficif a versé 332 000 € d’indemnités aux agriculteurs pour 214 hectares de dégâts en Essonne, détaille Arnaud Steil, le directeur. Mais avec la hausse des cours de matières premières, je ne vois pas comment les chasseurs peuvent continuer à payer l'intégralité des indemnités. D'autant que le changement climatique est aussi responsable de la prolifération du gibier. Des tractations avec l’État sont en cours pour qu'il intervienne."

(1) Ficif qui encadre les chasseurs locaux lors des opérations de régulation en zone périurbaine.